Le Nigeria est sous le choc. Dans la nuit du dimanche 16 au lundi 17 octobre, 25 écolières ont été enlevées dans leur sommeil par un groupe d’hommes armés ayant fait irruption dans le lycée public pour filles de Maga, dans l’État de Kebbi, au nord-ouest du pays.
Le directeur-adjoint, Hassan Makuku, a été froidement abattu. Un autre membre du personnel a été blessé.
Une attaque fulgurante, violente, qui rappelle brutalement que le nord du Nigeria vit toujours sous la menace permanente des enlèvements contre rançon.
Une opération violente et minutieusement préparée
Selon les premières informations, les assaillants ont ouvert le feu sur les policiers en poste avant d’escalader les murs de l’école. Ils ont arraché les 25 jeunes filles de leurs dortoirs pour les emmener « vers une destination inconnue ».
La police, l’armée et des milices civiles ratissent actuellement la zone et les forêts voisines pour tenter de retrouver les victimes.
Le traumatisme de Chibok revient hanter le pays
Cette attaque renvoie directement à l’enlèvement de près de 300 lycéennes à Chibok en 2014, un drame qui avait bouleversé la planète et déclenché le mouvement #BringBackOurGirls.
Plus de dix ans plus tard, les enlèvements d’élèves restent une réalité au Nigeria, particulièrement dans les États du nord et du centre minés par les bandits armés, les trafics et l’absence d’autorité de l’État.
Dans la même région, plus de 100 élèves avaient déjà été enlevés en 2021 dans l’État de Kebbi. Certaines victimes, libérées des années plus tard, sont revenues mariées de force… parfois avec des enfants.
Un pays piégé entre bandits et groupes armés
Les gangs, surnommés « bandits », écument les villages, dominent des zones entières et n’hésitent plus à attaquer les écoles, lieux pourtant censés être sacrés.
Le nord-ouest du Nigeria est devenu un épicentre de l’insécurité, aggravé par la prolifération d’armes et la présence de groupes jihadistes comme Lakurawa.
Un énième coup porté à l’espoir des familles
À l’heure actuelle, les 25 jeunes filles restent introuvables.
Les familles, effondrées, attendent dans l’angoisse des nouvelles de leurs enfants.
Le pays, lui, retient son souffle.
