La crise ouverte au sein du PPA-CI après la présidentielle de 2025 connaît un nouveau tournant.
Convoqué ce 8 avril 2026 devant le Conseil de discipline du parti, Dr Ahoua Don Mello, entouré de plusieurs de ses proches, a défendu sans détour la ligne qui avait conduit à sa candidature dite de précaution lors du scrutin présidentiel d’octobre 2025.
Cette audition intervient dans la continuité d’une séquence politique qui a profondément secoué l’opposition ivoirienne : l’invalidation de la candidature de Laurent Gbagbo, officiellement investi par le PPA-CI depuis mars 2024, mais finalement absent de la liste électorale définitive.
Face à cette exclusion, Ahoua Don Mello avait choisi de porter une candidature alternative, expliquant à l’époque qu’il s’agissait avant tout de préserver la présence du PPA-CI dans la course à la magistrature suprême.
Le traumatisme politique de la présidentielle 2025
La présidentielle ivoirienne de 2025 restera comme l’un des scrutins les plus controversés de ces dernières années.
Alors que Laurent Gbagbo avait été désigné à l’unanimité candidat du parti, son absence sur la liste électorale définitive a créé un véritable séisme au sein du PPA-CI. Cette situation a ouvert un débat brûlant : fallait-il boycotter le processus ou maintenir coûte que coûte une présence politique ?
C’est dans ce vide stratégique que Don Mello a décidé d’entrer en scène, en lançant sa fameuse “candidature de précaution”, une initiative qui lui a ensuite coûté son poste de vice-président exécutif du parti.
Pour ses soutiens, cette décision relevait du réalisme politique : éviter que le PPA-CI ne disparaisse du jeu institutionnel au moment où le RHDP avançait vers un nouveau scrutin crucial.
Devant le Conseil de discipline, la ligne de défense est claire
Selon la déclaration publiée après leur audition, Don Mello et ses proches ont expliqué avoir agi “en toute responsabilité et sans regret”.
Leur argument central est simple : en l’absence d’orientation claire après le rejet de la candidature de Laurent Gbagbo, il fallait empêcher une marginalisation du parti.
Mieux, ils soutiennent que cette posture n’a jamais eu pour objectif de légitimer un éventuel quatrième mandat d’Alassane Ouattara, mais visait uniquement à maintenir le PPA-CI dans la bataille démocratique.
Autrement dit, pour le camp Don Mello, il ne s’agissait pas d’une rébellion contre Laurent Gbagbo, mais d’un plan de sauvegarde politique dans un contexte de blocage électoral inédit.
Un parti toujours traversé par les séquelles du scrutin
Cette audition révèle surtout que, plusieurs mois après la présidentielle, le PPA-CI continue de vivre les répliques internes de la crise de 2025.
Entre les partisans de la ligne officielle autour de Laurent Gbagbo et ceux qui estiment que Don Mello a évité au parti une disparition symbolique du scrutin, le débat reste entier.
Une chose est sûre : la présidentielle 2025 n’a pas seulement rebattu les cartes nationales, elle a aussi laissé des fractures profondes au cœur même du parti de Gbagbo.
