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Politique

Et si Laurent Gbagbo avait déjà prévu ce rejet ?

L’hypothèse mérite réflexion : Laurent Gbagbo est un homme rompu aux batailles politiques, à la fois stratégique et fin connaisseur des rapports de force en Côte d’Ivoire. L’épisode actuel – le rejet de sa candidature par le Conseil constitutionnel et l’engagement apparent sur sa personne et son parti – peut sembler l’avoir affaibli. Mais si, en réalité, tout cela faisait partie d’un scénario anticipé ?

L’anticipation du rejet

Laurent Gbagbo sait que son âge, ses démêlés judiciaires passés et sa longue trajectoire politique en font une cible privilégiée. Il aurait donc pu prévoir que son dossier de candidature, même solide en apparence, allait être contesté. Si tel est le cas, il n’a jamais vraiment misé sur sa validation, mais sur l’effet politique et symbolique de ce rejet : renforcer l’image d’un homme injustement écarté, victime d’un système verrouillé.

Le « plan B » : repositionner le PPA-CI

Son véritable objectif pourrait être ailleurs : Créer un effet de mobilisation autour de sa personne et de son parti. Le rejet nourrit la colère et la solidarité chez ses militants. Préparer un dauphin politique : Gbagbo pourrait utiliser ce rejet comme tremplin pour pousser un candidat alternatif, une figure qu’il adoubera nécessairement ou officieusement. Ce « plan B » aurait alors plus de chances d’apparaître comme un compromis crédible face au RHDP.

Transformer la électorale en bataille morale : en se produisant au-dessus du jeu électoral, Gbagbo peut redevenir l’arbitre ou le symbole autour duquel l’opposition se regroupe.

Le RHDP doit-il s’inquiéter ?

En effet , pour plusieurs raisons :

L’effet boomerang du rejet : au lieu d’affaiblir le PPA-CI, cette décision pourrait renforcer son ancrage populaire, surtout auprès de ceux qui voient en Gbagbo le seul adversaire historique du RHDP.

La recomposition des alliances : un plan B crédible (candidat surprise, coalition inattendue) pourrait fissurer le calcul électoral du pouvoir.

La mémoire collective : chaque fois que Gbagbo est écarté ou diabolisé, un parti de la population a tendance à se radicaliser en sa faveur.

Le calcul subtil de Gbagbo

Il se peut que l’ancien président ne cherche plus à revenir au pouvoir directement. Mais en stratégie, il sait qu’il peut influencer la question du contrôle et, par extension, le futur rapport de force en Côte d’Ivoire. Son plan B pourrait consister à rester le « faiseur de roi », en poussant un successeur qu’il tiendra à distance mais dont il sera le parrain.

Si Gbagbo avait anticipé ce scénario, alors le rejet de sa candidature n’est pas une défaite mais une étape calculée. Le RHDP aurait tort de considérer cette décision comme une victoire définitive, car la vraie bataille pourrait se jouer ailleurs : dans la rue, dans les urnes à travers un candidat relais, ou encore dans la mémoire populaire.

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