À seulement 17 ans, le jeune Franco-Ivoirien a signé l’un des plus grands exploits du premier tour de Roland-Garros 2026 en terrassant l’ancien vainqueur de l’US Open, Marin Cilic. Portrait d’un phénomène aux racines africaines bien ancrées, devenu la nouvelle coqueluche du tennis mondial.

Le court Simonne-Mathieu s’est trouvé un nouveau roi, et le tennis français son nouveau prodige. En balayant le géant croate Marin Cilic en trois sets secs (7-6, 6-2, 6-1), Moïse Kouamé n’a pas seulement passé un tour en Grand Chelem : il est entré de plain-pied dans l’histoire. À 17 ans et deux mois, il devient le plus jeune joueur à remporter un match majeur depuis 2009. Une onde de choc qui résonne en France, mais aussi sur le continent africain.
Une identité plurielle, une fierté partagée
Né le 6 mars 2009 à Sarcelles, en région parisienne, Moïse Kouamé porte en lui une richesse culturelle qui fait aujourd’hui vibrer la diaspora. Fils d’un père d’origine ivoirienne et d’une mère d’origine camerounaise, le jeune athlète incarne cette double culture afro-européenne avec une immense fierté.

Du haut de son 1,91 m, ce droitier au revers à deux mains affiche déjà un physique de déménageur et une maturité tactique déroutante pour son âge. Si sa formation est 100 % européenne passée par le CREPS de Poitiers puis les prestigieuses académies de Justine Henin et de Patrick Mouratoglou , son ascension est suivie de très près à Abidjan comme à Yaoundé, où les amateurs de sport voient en lui un modèle de réussite.
2026 : L’année de l’explosion pro
Si les spécialistes scrutaient déjà ses performances chez les juniors, l’année 2026 aura été celle du grand saut chez les professionnels. Une transition négociée à la vitesse de l’éclair :
Janvier 2026 : Il enchaîne deux titres consécutifs sur le circuit ITF à Hazebrouck et Bressuire, annonçant la couleur pour sa première vraie saison chez les seniors.
Mars 2026 : Invité au Masters 1000 de Miami, il signe sa première victoire sur le grand circuit face au Top 100 américain Zach Svajda.
Mai 2026 : Il intègre le 313e rang mondial (son meilleur classement en carrière) juste avant de poser ses valises à la Porte d’Auteuil.
Pour l’épauler dans cette jungle du circuit ATP, la pépite peut compter sur un parrain de choix : le monument français Richard Gasquet, qui a pris le jeune joueur sous son aile pour lui transmettre son expérience des grands rendez-vous.
« J’étais serein, je savais que j’étais prêt »

Ce qui impressionne le plus chez Kouamé, au-delà de son coup droit foudroyant et de sa couverture de terrain, c’est son calme olympien. Face à la pression médiatique et au public en fusion de Roland-Garros, le joueur garde la tête froide, une rigueur qu’il emprunte volontiers à son idole, Novak Djokovic.
« Ce n’était pas facile, j’essaie toujours de rester dans le moment présent, de ne pas trop penser au score. Du point de vue tennistique, j’étais assez serein. Je savais que j’étais prêt », a-t-il confié avec une lucidité désarmante en conférence de presse d’après-match.
Celui qui rêvait de devenir pilote de Formule 1 lorsqu’il était enfant a définitivement choisi d’enclencher la vitesse supérieure sur les courts de tennis. Au deuxième tour, il affrontera le Paraguayen Adolfo Daniel Vallejo (71e mondial). Un match à sa portée qui pourrait propulser un peu plus ce jeune crack au sang ivoirien et camerounais vers les sommets du tennis mondial. Retenez bien son nom : Moïse Kouamé n’a pas fini de faire parler de lui.































