À peine lancée, la Fondation Sénégal Solidaire fait déjà couler beaucoup d’encre au Sénégal. Présentée comme un instrument d’action sociale destiné à soutenir les populations vulnérables, l’initiative portée par le président Bassirou Diomaye Faye et mise en avant par ses deux épouses, désignées ambassadrices, provoque un vif débat dans l’opinion publique.
Le lancement officiel, marqué par la pose de la première pierre d’un Centre national de dépistage des cancers dans la banlieue de Dakar, visait à envoyer un signal fort sur les questions de solidarité et de santé publique. Mais très vite, au-delà de l’aspect social, c’est la dimension institutionnelle et symbolique de cette fondation qui a retenu l’attention.
Plusieurs voix, y compris au sein de la majorité, s’interrogent sur la place qu’une telle structure peut occuper dans l’architecture de l’État. Pour certains observateurs, la question n’est pas tant l’utilité de la fondation que la nécessité d’une clarté totale sur sa gouvernance, son financement et ses mécanismes de contrôle.
Sur les réseaux sociaux, le débat a rapidement pris de l’ampleur. Certains internautes y voient une continuité des fondations souvent associées aux premières dames en Afrique, tandis que d’autres estiment qu’il faut juger l’initiative à l’aune de ses résultats concrets, notamment dans la lutte contre le cancer et l’appui aux couches défavorisées.
Le sujet reste d’autant plus sensible que le pouvoir actuel s’était historiquement montré critique vis-à-vis du mélange entre sphère familiale et gestion publique. Ce contraste alimente aujourd’hui les discussions sur un possible changement de doctrine au sommet de l’État.
Pour l’heure, la Fondation Sénégal Solidaire apparaît surtout comme un test politique et symbolique pour le président sénégalais. Entre engagement social salué par certains et interrogations sur la gouvernance soulevées par d’autres, le débat ne fait que commencer.
