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Politique

Focus : Doropo, Zone Frontalière Ivoirienne sous Haute Tension

La zone frontalière entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso est actuellement considérée comme un point névralgique pour la sécurité ivoirienne, et la région de Doropo (dans le Nord-Est ivoirien, région du Bounkani) est particulièrement ciblée. Cette zone est devenue un symbole de la menace sécuritaire croissante due à l’expansion des groupes armés terroristes (GAT) actifs dans le Sahel.

Doropo : Une « Zone de Tous les Dangers »

Doropo, et plus largement le parc national de la Comoé, représente l’extrémité Est du front de lutte contre l’extrémisme violent pour la Côte d’Ivoire. Les raisons de sa vulnérabilité sont multiples :

La région est immédiatement adjacente aux zones du Burkina Faso où les GAT, affiliés à Al-Qaïda (JNIM) ou à l’État Islamique (EIGS), ont établi des bases et des zones de repli. Doropo a été le théâtre de plusieurs attaques terroristes contre les positions des forces de défense et de sécurité ivoiriennes (FDS). Ces attaques visent à tester la réactivité des forces ivoiriennes, à s’approvisionner en logistique et à marquer leur territoire.

La zone est caractérisée par une forte densité végétale, notamment autour du parc de la Comoé, qui offre des couverts et des corridors de circulation idéaux pour les incursions transfrontalières discrètes.

Les groupes terroristes ne cherchent pas seulement à affronter l’armée, mais à s’implanter durablement :

Les GAT s’infiltrent pour effectuer du renseignement, identifier les faiblesses des FDS et cibler les leaders communautaires (chefs de village, imams) qui résistent à leur idéologie ou à leur contrôle. Pour les GAT, percer le dispositif de sécurité à Doropo est stratégique pour ouvrir un potentiel axe de pénétration vers le sud de la Côte d’Ivoire et, à terme, vers les façades maritimes, vitales pour le commerce et l’approvisionnement logistique. La menace passe aussi par la radicalisation et le recrutement des populations locales, souvent dans des zones isolées et défavorisées, exploitant la précarité et les conflits fonciers ou intercommunautaires.

Opération Comoé

Face à cette menace persistante, la Côte d’Ivoire a considérablement renforcé sa présence militaire dans la région dans le cadre de l’Opération Comoé (et des opérations successives comme Kounda).

Déploiement accru de troupes, installation de bases opérationnelles avancées (BOA), et utilisation de moyens de surveillance aérienne. L’État ivoirien privilégie une approche globale incluant un volet sécuritaire et un volet développement. L’objectif est de réduire l’isolement des populations frontalières par des projets d’infrastructures (écoles, routes, centres de santé) pour les rendre moins perméables au discours extrémiste.

L’effort inclut une coordination avec les pays voisins (Ghana au Sud, Burkina Faso au Nord) pour partager le renseignement et coordonner les patrouilles transfrontalières, bien que la situation intérieure au Burkina Faso rende cette coopération difficile. Doropo est la ligne de front actuelle de la Côte d’Ivoire contre le terrorisme sahélien. La sécurité de cette région est cruciale pour l’intégrité territoriale et la stabilité socio-économique de l’ensemble du pays.

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