Le ciel est tombé sur la tête de Kaboré Z. et Paul D. ce vendredi 13 mars 2026. Alors qu’ils savouraient une liberté provisoire, les deux prévenus ont été cueillis à froid par le verdict du Pôle Pénal Économique et Financier (PPEF). Retour sur une audience électrique où le droit de la nature a terrassé les arguments de la défense.
Le rêve à 8 millions vire au cauchemar judiciaire
L’affaire remonte à 2024. Une pointe d’ivoire, arrachée à un éléphant dans les forêts du Liberia, traverse la frontière ivoirienne. Destination : un hôtel d’Anyama. Le prix du deal est fixé à 8 millions de FCFA. Mais la transaction tourne court : les agents des eaux et forêts et les forces de l’ordre mettent fin au commerce illicite.
Incarcérés puis mis en liberté provisoire (la semaine dernière encore pour Kaboré Z.), les deux complices pensaient peut-être que le plus dur était passé. Erreur fatale. Ce vendredi, jour de délibéré, la justice a rappelé que l’éléphant n’est pas qu’un symbole national, c’est un trésor protégé par la loi.
Le « Scandale » de la défense n’a pas pris
Le 6 mars dernier, l’ambiance était montée d’un cran. Me Diallo Souleymane, avocat des prévenus, avait littéralement piqué une colère noire face aux réquisitions du procureur.
« C’est un scandale ! Quel est ce ministère public qui ne connaît pas la loi ? » s’était-il époumoné dans la salle d’audience.
L’argument de la défense était technique, presque audacieux : selon Me Diallo, la loi de 2012 relative à la protection de l’éléphant accorderait un délai de grâce de 24 mois pour déclarer les produits issus de l’espèce. Pour lui, le caractère répressif de la loi était « suspendu » jusqu’au 11 juillet 2026. « Le ministère public s’est fourvoyé, il y a une carence grave ! » clamait-il en demandant la relaxe pure et simple de ses clients.
Le verdict est tombé : 10 ans de prison
Le tribunal n’a pas été sensible à cette lecture de la loi. En suivant les réquisitions du Procureur de la République, le juge a balayé les espoirs de la défense. Le verdict est sans appel, une véritable sentence « plein pot » :
- Peine de prison : 10 ans ferme.
- Amende : 10 millions de FCFA.
- Sanction matérielle : Confiscation définitive de la pointe d’ivoire.
Pour Kaboré Z. et Paul D., la liberté provisoire n’aura été qu’un court répit avant une longue traversée du désert carcéral. Une décision qui sonne comme un avertissement solennel pour tous les trafiquants de faune : au PPEF, on ne badine pas avec l’ivoire.
Source : Fernand Dédeh Chronique de la vie judiciaire































