Dans le sud-ouest du Nigeria, au pays des Yorubas, une petite ville défie toutes les statistiques biologiques mondiales. Bienvenue à Igbo-Ora, une cité paisible où croiser des visages identiques à chaque coin de rue n’est pas une coïncidence, mais une norme sociale.
Un record mondial qui intrigue la science
Alors que la moyenne mondiale de naissances gémellaires tourne autour de 1,2 %, celle d’Igbo-Ora s’envole à près de 5 %. Ici, presque chaque famille compte au moins une paire de jumeaux. Ce chiffre est si élevé que la ville a officiellement revendiqué le titre de « Twin Capital of the World ».
Le secret est-il dans l’assiette ?
Depuis des décennies, scientifiques et curieux tentent de percer le mystère de cette fertilité exceptionnelle. Si la génétique joue un rôle évident, les habitants, eux, pointent du doigt leur régime alimentaire.
L’Amala et l’Igname sauvage
La consommation locale d’un type d’igname blanche contiendrait des phytoestrogènes, des substances chimiques naturelles capables de stimuler une « hyper-ovulation » (la libération de plusieurs ovules en un seul cycle).

La soupe d’Ilasa
Une préparation à base de feuilles de gombo, consommée quotidiennement par les femmes de la région, est également citée comme l’un des ingrédients « magiques » de ce phénomène.

Une culture de la célébration : Taiwo et Kehinde
Loin d’être une simple curiosité statistique, la gémellité est au centre de la cosmogonie Yoruba. Les jumeaux y sont perçus comme des êtres spirituels dotés de pouvoirs de protection et de prospérité. Leurs noms sont d’ailleurs immuables : le premier né est toujours nommé Taiwo (celui qui vient goûter au monde) et le second Kehinde (celui qui arrive en dernier, mais considéré comme le véritable aîné spirituel). Chaque année, le World Twins Festival transforme la ville en un immense défilé coloré. Des centaines de paires de jumeaux, de tous âges et vêtus de pagnes identiques, célèbrent cette particularité qui fait la fierté de toute une nation.































