C’est le cri du cœur lancé par Roland Danon sur le plateau de NostaFoot. Face à lui, Malick Traoré oppose une réalité plus froide : celle d’un groupe déjà « étoffé » où chaque place coûte cher. Retour sur un débat électrique qui secoue le football ivoirien à l’aube de la Coupe du Monde 2026.
L’échange a rapidement tourné au duel de convictions. D’un côté, une volonté farouche de valoriser le championnat local ; de l’autre, l’exigence du résultat immédiat pour la sélection nationale.
« On est focus sur le travail des autres »

Pour Roland Danon, la Côte d’Ivoire commet une erreur stratégique en ignorant ses propres centres de formation. Il pointe du doigt une dépendance psychologique vis-à-vis de l’Occident : « On est focus sur les binationaux. Les Français forment des joueurs d’origine ivoirienne… on ne regarde même pas ces pauvres formateurs qui sont ici et qui sortent des talents. »
Il cite l’exemple de l’attaquant de l’ASEC, Mohamed Souleymane Fofana, qualifié de « renard des surfaces », qui selon lui, mériterait d’être testé au plus haut niveau. Danon s’insurge contre ce cycle où le joueur local est boudé jusqu’à ce qu’il signe en Europe : « Dès qu’ils font un pied en Europe, net, on les rappelle. »
« Vous sortez qui pour mettre un joueur local ? »

Face à cette offensive, Malick Traoré joue la carte du pragmatisme. Pour lui, la sélection nationale n’est pas un terrain d’expérimentation sociale mais une élite de performance. Il interpelle son confrère sur la réalité de l’effectif actuel : « Si vous me dites qu’il faut des joueurs locaux, pas de problème. Mais vous sortez qui pour mettre un joueur local à la place ? »
Traoré souligne que le groupe des Éléphants est aujourd’hui « assez étoffé » et que les raisons du sélectionneur sont souvent basées sur la maturité acquise à l’étranger. Pour lui, le passage en Europe agit comme un révélateur nécessaire pour des « diamants pas assez polis » au pays.
« Il faut souvent surprendre »
Le débat s’est conclu sur une note d’espoir concernant la jeunesse. Roland Danon a rappelé l’exploit des U16 à Montaigu (victoire 2-1 contre la France) avec un effectif composé à 90 % de locaux. « Ce n’est pas récompensé par la Fédération », déplore-t-il, tout en appelant le staff technique à s’inspirer du cas de Simon Adingra ou des jeunes comme Malick Yuvé et Baba Diomandé pour insuffler du sang neuf.
Le message de fin de Roland Danon sonne comme un défi lancé au sélectionneur : « Il faut souvent étonner les gens en ramenant des joueurs qui ont cette magie… il faut savoir faire le tri et savoir regarder. »l
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