Fidèle à ses promesses de campagne sur la rupture et la rationalisation des dépenses publiques, le président Bassirou Diomaye Faye a officiellement introduit une révision profonde de la Constitution. Le Sénégal entame un tournant décisif de son histoire démocratique.
La fin du CESE et du HCCT : La traque au « gaspillage »
Le premier pilier de cette réforme est la suppression pure et simple du Conseil Économique, Social et Environnemental (CESE) et du Haut Conseil des Collectivités Territoriales (HCCT).
Longtemps critiquées par l’actuelle majorité pour leur coût de fonctionnement élevé et leur utilité jugée limitée, ces institutions étaient perçues comme des outils de récompense politique sous les régimes précédents. Pour le chef de l’État, cette mesure répond à une urgence de rationalisation des finances publiques, permettant de réallouer ces ressources vers des secteurs sociaux prioritaires.
Une mutation profonde de la Justice et des Élections
Au-delà des économies budgétaires, le texte introduit des changements structurels majeurs pour garantir l’indépendance des institutions :
De la CENA à la CENI : Le remplacement de la Commission Électorale Nationale Autonome (CENA) par une Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI). Cette nouvelle entité vise à renforcer la transparence des scrutins et à apaiser les tensions pré-électorales récurrentes.
La naissance de la Cour Constitutionnelle : En remplaçant le Conseil Constitutionnel par une Cour, le gouvernement souhaite élargir les compétences de cette juridiction et renforcer sa légitimité face aux contentieux politiques et aux libertés fondamentales.
« Il ne s’agit pas d’une simple retouche technique, mais d’une volonté de redonner aux citoyens confiance en leurs institutions », affirme un proche du palais de l’Avenue Roume.
Les défis d’une mise en œuvre complexe
Si ces réformes sont saluées par une partie de la société civile, elles ne font pas l’unanimité. L’opposition y voit parfois une volonté de concentrer le pouvoir ou de démanteler l’héritage institutionnel sans consensus préalable suffisant.
Le texte, qui doit encore passer les étapes législatives ou référendaires selon les dispositions visées, place le Sénégal sous les projecteurs de la scène internationale. La réussite de cette transition sera le premier véritable test de la « rupture » prônée par le duo Diomaye-Sonko depuis leur accession au pouvoir.































