Une trentaine de figures influentes d’origine africaine ont formellement demandé au chef de l’État sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, de geler l’application de la nouvelle législation criminalisant l’homosexualité dans le pays.
À travers une tribune collective publiée le dimanche 17 mai dans les colonnes du quotidien français Libération, les signataires tirent la sonnette d’alarme sur l’instauration d’un « climat de peur, de haine et de violence ». Ce climat cible de plein fouet toute personne perçue ou présumée comme homosexuelle sur le territoire sénégalais.
Le collectif décrit une réalité alarmante marquée par une recrudescence d’agressions physiques, d’arrestations arbitraires ainsi que des cas d’exclusion familiale et sociale. Pour illustrer la gravité de la situation, la tribune mentionne notamment le drame d’un jeune homme poignardé en pleine rue en raison de son orientation sexuelle supposée.
Des répercussions sanitaires majeures
Au-delà des violences physiques, les auteurs du texte s’inquiètent des conséquences sanitaires et sociales directes de cette répression. Ils soulignent que la peur des discriminations et des représailles pousse désormais de nombreuses personnes vivant avec le VIH à renoncer aux structures de soins, que ce soit pour se faire dépister ou pour suivre leur traitement.
Enfin, les signataires rappellent que cette atmosphère d’hostilité et de violence va à l’encontre des principes fondamentaux de justice sociale et des valeurs panafricaines traditionnellement portées par la gauche progressiste du continent.
Pour rappel, le Sénégal applique une politique de répression particulièrement sévère. Adoptée récemment en mars 2026, la nouvelle législation punit les relations homosexuelles de peines allant de 5 à 10 ans de prison ferme.































