Connectez-vous à nous

Hi, what are you looking for?

Société

VTC à Abidjan : l’État ivoirien prêt à frapper fort contre les tarifs explosifs

À Abidjan, quelques gouttes de pluie suffisent désormais à provoquer une autre tempête : celle des tarifs des VTC. En quelques minutes, le prix d’une course peut doubler, tripler, voire devenir inaccessible pour de nombreux usagers. Une situation devenue si récurrente que les autorités ivoiriennes ont décidé de hausser le ton.

Selon des informations révélées par nos confrères de Linfodrome, la Direction Générale des Transports Terrestres et de la Circulation (DGTTC) prépare actuellement une vaste opération de recadrage visant les principales plateformes de VTC opérant en Côte d’Ivoire, notamment Yango, InDrive ou encore Heetch.

Une convocation qui inquiète les plateformes

Le signal avait déjà été donné à travers une publication énigmatique relayée récemment sur les canaux officiels de la DGTTC :
« Les tarifs de VTC, entreprises de mise en relation, ça vient vers vous… »

Derrière cette phrase se cacherait en réalité une procédure administrative sérieuse. Selon une source proche du dossier, les responsables des différentes applications de VTC devraient être convoqués dans les prochains jours afin de s’expliquer sur la pratique controversée de la “tarification dynamique”.

Ce système algorithmique, censé ajuster les prix selon la demande, est particulièrement critiqué durant la saison des pluies à Abidjan. À chaque forte averse, les tarifs explosent brutalement, laissant de nombreux usagers sans solution de transport abordable.

Pour les autorités, cette situation devient difficilement acceptable dans une ville où les VTC occupent désormais une place centrale dans les déplacements quotidiens.

L’État veut reprendre la main

Du côté du ministère des Transports, le message semble clair : il ne s’agit plus simplement d’observer, mais d’agir.

« Nous sommes dans un pays de droit, tout se fera sur la base des textes existants », confie une source interne au ministère.

Cette initiative s’inscrit dans la continuité des réformes déjà évoquées il y a plusieurs mois par le ministre Amadou Koné. Parmi les pistes envisagées figurent l’encadrement strict du “surge pricing”, mais aussi une plus grande transparence sur le fonctionnement des algorithmes utilisés par les plateformes.

La question reste toutefois complexe : jusqu’où l’État peut-il imposer ses règles à des multinationales technologiques sans perturber tout l’écosystème des chauffeurs et des utilisateurs ?

Un marché devenu gigantesque

En quelques années, les VTC se sont imposés comme des acteurs incontournables de la mobilité à Abidjan, notamment face aux difficultés du transport urbain classique.

Le secteur compterait aujourd’hui près de 30 000 chauffeurs actifs en Côte d’Ivoire. Chaque jour, des millions de déplacements sont effectués dans le Grand Abidjan, générant des flux financiers considérables.

Selon une étude d’Africa Data Intelligence sur le marché ivoirien du VTC en 2024, les dépenses quotidiennes liées aux déplacements dans la capitale économique atteindraient environ 4 milliards de FCFA. Les plateformes, elles, auraient déjà généré plus de 600 millions de FCFA de commissions dès 2023.

Mais derrière cette croissance spectaculaire, la colère des usagers ne cesse de monter. Tarifs imprévisibles, courses annulées, qualité de service variable : les critiques se multiplient, avec une frustration particulière concernant les prix jugés excessifs lors des intempéries.

Pour de nombreux observateurs, la convocation imminente des géants du VTC pourrait marquer un tournant majeur dans la régulation du numérique en Côte d’Ivoire.

Le dossier, piloté de près par le cabinet du Directeur Général Oumar Sacko, s’annonce sensible. Car derrière la bataille des tarifs se joue aussi une question plus large : celle de la protection des consommateurs face à la puissance des algorithmes.

Une chose est certaine : entre les plateformes de VTC et l’État ivoirien, les prochains jours pourraient être particulièrement électriques.

Cliquez pour commenter

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous aimerez aussi

Société

La scène a provoqué une énorme agitation dans la commune de Marcory ce lundi 18 mai 2026. Trois gendarmes ont été interpellés après avoir...

Société

Le feuilleton judiciaire qui secoue le Djoloff vient de prendre une tournure politique majeure. Matar Ndiaga Seck, alias « Ndiaga Seck », un comptable...

People

Un récit glaçant qui lève le voile sur l’envers du décor du succès religieux. Avant de devenir la coqueluche du gospel ouest-africain au milieu...

Société

Sous des airs de pâtisseries ordinaires, les « space cakes » des gâteaux incrustés de cannabis ou de drogues de synthèse s’arrachent à coups...