Le Parti des Peuples Africains Côte d’Ivoire (PPA-CI) a exprimé ce lundi son profond désaccord à propos du partenariat signé entre la compagnie aérienne française Corsair, l’Hôpital Américain de Paris et plusieurs institutions ivoiriennes.
Lors d’une conférence de presse tenue à son siège de Cocody Bonoumin, les responsables du parti fondé par Laurent Gbagbo ont dénoncé un accord jugé opaque, inéquitable et contraire aux intérêts stratégiques du pays.
Un accord conclu sans concertation
Signé le 15 mai dernier, ce partenariat engage le Sénat, l’Assemblée nationale, le Conseil Économique, Social, Environnemental et Culturel (CESEC), l’ARDCI et l’UVICOCI. Il prévoit notamment des tarifs préférentiels pour les officiels ivoiriens, leurs familles et collaborateurs sur les vols entre Abidjan et Paris, ainsi qu’un accès facilité à des soins à l’Hôpital Américain de Paris.
Mais selon le PPA-CI, ce contrat a été signé sans l’implication de ses élus. Ni les députés de son groupe parlementaire, ni les maires de ses communes n’ont été associés aux discussions. Une méthode que le parti qualifie de « fermeture politique » et de « gestion exclusive du bien public ».
Une trahison envers Air Côte d’Ivoire ?
Le point le plus critiqué reste cependant le choix de Corsair au détriment de la compagnie nationale Air Côte d’Ivoire. Alors que cette dernière s’apprête à ouvrir une ligne directe Abidjan–Paris, les responsables du PPA-CI y voient une forme de sabotage économique.
« Depuis 2012, plus de 250 milliards de francs CFA ont été injectés pour faire d’Air Côte d’Ivoire un pilier de notre souveraineté aérienne. Ce partenariat envoie un signal désastreux », a déclaré Jean Gervais Tcheidé, Secrétaire général du parti.
Des soins à l’étranger aux frais du contribuable
L’autre volet du partenariat – la prise en charge sanitaire à l’Hôpital Américain de Paris – a également été pointé du doigt. Le PPA-CI y voit un désaveu clair du système de santé ivoirien, malgré les discours officiels sur sa modernisation.
« Le pouvoir clame partout que nos hôpitaux progressent, mais il préfère envoyer ses cadres se faire soigner à l’étranger. Quel message cela envoie au peuple ? », s’est interrogé M. Tcheidé. Il a également critiqué l’inefficacité de la Couverture maladie universelle (CMU), que les élites contournent selon lui, en s’offrant des traitements haut de gamme à l’étranger, financés par l’État.
Une rupture avec le peuple
Pour le parti de l’ancien président Gbagbo, ce partenariat illustre une fois de plus le fossé qui se creuse entre les élites politiques et les citoyens ordinaires. Il y voit un symbole de gouvernance déconnectée des réalités sociales, dans un contexte économique déjà tendu.
« Ce genre d’initiatives ne fait que renforcer le sentiment d’injustice chez les Ivoiriens. Nous appelons les institutions signataires à revenir à la raison, à défendre nos intérêts nationaux, et à se reconnecter aux vraies priorités du peuple », a conclu le PPA-CI.
Alors que l’échéance présidentielle de 2025 approche, cette affaire pourrait devenir un sujet sensible dans le débat public, alimentant les critiques sur la gouvernance et l’équité sociale en Côte d’Ivoire.































