Parier sur l’avenir ou saboter l’élan ? À cinq mois de la Coupe d’Afrique des Nations, le sélectionneur des Éléphants, Emerse Faé, a surpris tout le monde en alignant une équipe largement remaniée face à la Nouvelle-Zélande, dans le cadre du tournoi Canada Shield. Résultat : une défaite inattendue qui a fait grincer des dents. Si l’intention de tester de nouveaux joueurs peut se défendre, le choix interroge sur la stratégie du coach. Et surtout, sur son autorité dans une sélection redevenue ambitieuse.
Un pari sur la jeunesse ?
Il aurait pu reconduire les cadres, capitaliser sur la dynamique du titre continental, et renforcer les automatismes. Faé a préféré ouvrir le chantier. Face à une équipe néo-zélandaise réputée prenable, il a lancé plusieurs nouveaux visages dans le grand bain. Un geste courageux, diront certains. Une prise de risque inutile, répondront d’autres.
Dans les faits, ce genre de rotation peut s’inscrire dans une vision à long terme : tester des doublures, prévenir d’éventuelles blessures, intégrer des jeunes. Mais dans un tournoi comme le Canada Shield, vitrine internationale et lieu d’observation des états-majors techniques, le choix de Faé fait débat.
Une défaite qui fait tâche
Tomber face à la Nouvelle-Zélande équipe peu référencée sur la scène mondiale fait mal. Pas tant pour le résultat en lui-même, mais pour ce qu’il dit de la profondeur du groupe ivoirien. Peut-on se permettre une telle contre-performance alors que la CAN approche à grands pas ? Que retiendra l’opinion publique : l’intention de tester, ou l’incapacité à battre un adversaire modeste ?
Certains y voient déjà un manque de lucidité du sélectionneur, voire un excès de confiance. D’autres dénoncent une communication brouillonne, entre discours de sérieux et expérimentations hasardeuses.
Faé sous pression ?
Depuis son sacre surprise avec les Éléphants, Faé bénéficie d’un crédit énorme. Mais il n’est plus en terrain neutre. Chaque décision, chaque choix tactique, chaque composition d’équipe sera désormais disséquée. Faire tourner l’effectif, oui. Mais encore faut-il le faire sans compromettre la confiance du groupe ni envoyer un message de flottement.
Faé a-t-il voulu trop en faire ? Ou tente-t-il simplement de construire un effectif solide et prêt à tout, en assumant les risques ? Le débat est ouvert. Mais une chose est sûre : les prochains matchs ne laisseront plus de place à l’expérimentation. Le public ivoirien attend des résultats. Et le vestiaire aussi.































