Un dossier hors norme secoue actuellement le tribunal de Thiès, au Sénégal. Pour une fois, ce n’est pas une femme mais un homme qui dénonce des violences conjugales. S.T.S., marié depuis 20 ans, accuse sa première épouse, M.D.D., de l’avoir battu à plusieurs reprises et même de l’avoir précipité dans les escaliers, causant sa paralysie.

Derrière cette affaire, une tension conjugale de longue date. Après avoir pris une seconde épouse, le quotidien de S.T.S. a basculé. Jalousie, silence, disputes… jusqu’au point de non-retour. Le départ de la coépouse a laissé place à une relation explosive entre les deux conjoints restants.
Selon S.T.S., la violence est devenue son lot quotidien. Il parle de coups répétés, de menaces de mort, et affirme que son épouse aurait tenté de l’immoler vif. Un témoignage glaçant, livré à la barre, qui a ému la salle d’audience. L’homme a longtemps gardé le silence, mais sa peur a fini par l’emporter : « Je crains pour ma vie », a-t-il déclaré, la voix brisée.
En face, M.D.D. nie tout en bloc. Elle affirme qu’au moment des faits, elle n’était pas à la maison, et qu’à son retour, elle a retrouvé son mari déjà au sol, grièvement blessé. Elle parle d’un accident, pas d’un acte volontaire.
Le ministère public, lui, est convaincu de la culpabilité de l’épouse. Il estime que la plainte de S.T.S. est fondée et réclame deux mois de prison avec sursis contre la mise en cause. Le verdict est attendu le 23 juin 2025.
Au-delà du procès, cette affaire met en lumière une réalité souvent passée sous silence : les violences conjugales subies par les hommes, encore largement taboues dans nos sociétés.































