Conakry – La durée du mandat présidentiel passerait de cinq à sept ans, selon le texte remis le 26 juin 2025 au président de la transition, le Colonel Mamadi Doumbouya, par le Conseil national de la transition (CNT).
Une nouvelle étape dans le processus de transition
Le Dr. Dansa Kourouma, président du CNT, a présenté le texte lors d’une conférence de presse à Conakry, affirmant que cette proposition vise à renforcer la stabilité institutionnelle dans un pays marqué par de nombreuses crises politiques depuis deux décennies.
« Ce mandat de sept ans, non renouvelable, permettra d’ancrer durablement les réformes. Ce n’est pas une manœuvre pour favoriser qui que ce soit », a-t-il déclaré.
Ce projet intervient dans le cadre d’un processus de retour à l’ordre constitutionnel, après le coup d’État du 5 septembre 2021 ayant renversé le président Alpha Condé.

Les points clés du texte remis le 26 juin :
- Mandat présidentiel de 7 ans, non renouvelable (sous réserve de validation par référendum) ;
- Limitation stricte du nombre de mandats à un seul ;
- Instauration d’un Sénat comme deuxième chambre du Parlement ;
- Affirmation du rôle du Conseil constitutionnel pour garantir la régularité du processus électoral ;
- Renforcement des pouvoirs de contrôle du Parlement sur l’Exécutif.
Prochaines étapes
Le projet sera soumis à référendum populaire, dont la date officielle reste à fixer. Cette consultation devrait marquer la fin de la transition militaire et ouvrir la voie à des élections présidentielles prévues courant 2026.
Si le CNT insiste sur la logique de réforme de fond, certains acteurs de la société civile et de l’opposition craignent que cette prolongation du mandat ne soit détournée à des fins politiques.
« Un mandat unique de sept ans peut être un progrès, mais tout dépendra de qui l’applique et dans quelles conditions », a réagi un constitutionnaliste guinéen.
La Guinée n’est pas le seul pays d’Afrique de l’Ouest à modifier la durée du mandat présidentiel ces dernières années. On observe : Une tendance à l’allongement ou au « reset » constitutionnel (Guinée, Togo, Côte d’Ivoire, RDC) ; Une vigilance accrue de la CEDEAO et de la communauté internationale sur les réformes électorales dans les pays en transition.
Si l’allongement du mandat présidentiel à sept ans non renouvelable peut s’interpréter comme une tentative de stabilisation institutionnelle, sa légitimité dépendra du processus référendaire, de la transparence du débat public, et de la confiance dans les intentions de la junte.































