À moins de quatre mois de l’élection présidentielle ivoirienne prévue pour le 25 octobre 2025, le Parti Communiste Révolutionnaire de Côte d’Ivoire (PCRCI) tire la sonnette d’alarme.Lors d’une conférence de presse tenue ce mercredi 10 juillet à Abidjan, le parti a vivement mis en cause la transparence du processus électoral et exigé un report pur et simple du scrutin.
Une présidentielle sous haute tension
Pour le PCRCI, les conditions politiques, sociales et institutionnelles actuelles ne permettent pas l’organisation d’une élection libre, juste et démocratique. Dans une déclaration musclée, Olivier Messou, porte-parole du Comité central, dénonce un climat de faillite de l’État, de cherté de la vie, de répression politique et de verrouillage total du jeu démocratique par le pouvoir en place.
Une « forfaiture annoncée »
Le parti communiste s’en prend directement au chef de l’État Alassane Ouattara, qu’il accuse de vouloir briguer un nouveau mandat malgré son « inéligibilité avérée depuis 2020 ». Selon le PCRCI, tout le dispositif électoral serait biaisé en faveur du RHDP, entre un Conseil constitutionnel partisan, une CEI jugée inféodée, un code électoral taillé sur mesure, et des mécanismes d’exclusion dissimulé, notamment à travers le parrainage.
« Aller aux élections dans ces conditions, c’est accompagner le candidat du RHDP dans sa forfaiture et son hold-up électoral », affirme le communiqué.
Trois exigences fortes
Face à ce qu’il considère comme une mascarade électorale programmée, le PCRCI pose trois exigences majeures :
- Le report immédiat de l’élection présidentielle prévue le 25 octobre 2025
- La tenue d’assises nationales de la République, pour refonder les bases d’un système électoral réellement démocratique
- Un appel au peuple et aux forces politiques pour rejoindre ce combat et refuser la logique de confiscation du pouvoir

Vers une mobilisation nationale ?
Le PCRCI annonce également qu’il rendra public dans les prochains jours un projet de mobilisation politique, en concertation avec d’autres partis et organisations de la société civile. Objectif : bâtir un front populaire pour refuser le calendrier électoral actuel et forcer un vrai débat national sur la réforme du système institutionnel.
Alors que les tensions politiques montent et que la candidature d’Alassane Ouattara reste au cœur des débats, cette prise de position radicale relance la polémique sur la légitimité du scrutin à venir… et pourrait bien cristalliser de nouvelles fractures dans le paysage politique ivoirien.































