À quelques mois de la présidentielle de 2025, une phrase d’Adama Bictogo relance les spéculations au sein du RHDP et agite déjà l’opinion : le président de l’Assemblée nationale s’est dit « prêt à répondre à l’appel », si le chef de l’État sortant le lui demandait. Une déclaration loin d’être anodine, faite sur le plateau de France 24, dans un contexte politique où la candidature d’Alassane Ouattara demeure incertaine.
Une fausse modestie ou une manœuvre bien calculée ?
Sous des airs de discipline et de fidélité, Bictogo avance ses pions. Il ne se proclame pas officiellement candidat, mais conditionne son éventuel engagement à la volonté d’Alassane Ouattara. Une posture ambiguë, qui soulève une question de fond : la succession au RHDP se jouera-t-elle dans les urnes ou dans les couloirs du pouvoir ?
« Si le contexte et l’enjeu fondent que le choix du président doit être ma personne, je répondrai à son appel. »
Une phrase qui sonne comme un signal lancé à la direction du parti, et aux autres ambitieux tapis dans l’ombre.
Un profil façonné par le système
Adama Bictogo revendique son parcours au sein du RHDP comme une succession de missions confiées par le chef de l’État. De ministre à président de l’Assemblée nationale, en passant par maire de Yopougon, son ascension repose, selon ses propres mots, sur la confiance du président.
Mais c’est justement cette logique de « mission » et de « choix du chef » qui dérange certains observateurs : la démocratie interne au RHDP est-elle réduite à une désignation verticale ?
Une sortie qui divise en interne
Dans les coulisses du parti présidentiel, la sortie de Bictogo ne fait pas l’unanimité. Certains y voient une tentative habile de griller la politesse à d’autres figures du RHDP, voire de forcer la main à Alassane Ouattara, en testant la réaction de l’opinion.
« Il veut apparaître comme le plan B légitime, mais sans prendre le risque d’annoncer sa candidature ouvertement », souffle un cadre RHDP sous anonymat.
Un pouvoir personnalisé ?
Cette déclaration réactive une critique récurrente : la personnalisation extrême du pouvoir autour d’Alassane Ouattara, où même la succession ne pourrait se jouer qu’avec sa bénédiction. Bictogo assume cette logique, quitte à passer pour un candidat par procuration, dans un pays où la société civile réclame plus de transparence, de débat, et de choix réels.
Une stratégie risquée
En se positionnant comme l’homme de confiance prêt à prendre la relève si on le lui demande, Adama Bictogo s’expose à une double polémique : celle d’un manque de démocratie dans son propre camp, et celle d’un calcul politique prématuré, alors même que le président sortant n’a pas encore levé le voile sur ses intentions.
Le jeu de succession est donc bel et bien lancé au sein du RHDP. Et avec cette sortie, Bictogo n’est peut-être pas encore candidat… mais il n’est déjà plus neutre.































