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Gbass : quand les hommes deviennent les proies d’un phénomène grandissant au profit de la gente féminine

Il fut un temps où, discrètement, entre quatre murs, certaines femmes se rendaient chez les marabouts ou voyants pour obtenir des « poudres d’amour », des gris-gris ou autres charmes destinés à rendre leurs hommes plus amoureux, plus dociles, et surtout… plus généreux. Hier cantonnée aux secrets bien gardés, cette pratique, connue sous le nom de Gbass dans plusieurs cultures africaines, est aujourd’hui devenue un phénomène quasi mondain, qui s’affiche sans complexe dans les rues comme sur les réseaux sociaux.

Des marabouts aux réseaux : le business des sentiments

Si jadis ces rituels visaient simplement à consolider un amour vacillant ou à fidéliser un époux volage, ils se sont progressivement transformés en véritables instruments de manipulation. Certaines femmes n’hésitent plus à recourir à ces pratiques occultes non pas pour l’amour véritable, mais pour soutirer de l’argent, obtenir des biens matériels ou carrément briser un ménage.

Le plus alarmant reste la banalisation de ce phénomène. Aujourd’hui, les annonces de « secrets de femmes », « boosters d’affection » et autres « savons magiques » pullulent sur Facebook, TikTok, WhatsApp ou même au coin de la rue. Tout y passe : parfums d’attraction, plats enchantés, potions à glisser discrètement dans la nourriture ou la boisson. Résultat, des hommes deviennent malgré eux des proies faciles, perdant parfois tout discernement, leur fortune, et même leur famille.

Des hommes aussi sur le banc des accusés

Faut-il pour autant croire que ce phénomène est uniquement l’apanage des femmes ? Loin de là. Bien qu’en proportion moindre, des hommes eux aussi consultent des marabouts pour « attacher » des femmes, s’assurer de leur fidélité, ou les rendre dépendantes affectivement et sexuellement. Mais comparativement aux femmes, le ratio reste faible, ce qui souligne une tendance nettement déséquilibrée.

Une pratique qui soulève de nombreuses questions

Cette montée en puissance du Gbass, désormais exposée presque sans gêne, interroge sur plusieurs plans. Jusqu’où ira cette instrumentalisation des sentiments ? Que devient la notion même de consentement et d’amour librement partagé ? Combien de foyers, combien de destins sont brisés par ces pratiques occultes ?

Plus encore, cela met en lumière la vulnérabilité émotionnelle des hommes, souvent peu préparés ou peu enclins à imaginer qu’eux aussi puissent être victimes de manipulations sentimentales ou mystiques.

Un phénomène social à surveiller

Face à cette prolifération, la société dans son ensemble gagnerait à ouvrir le débat, à sensibiliser sur les dangers de ces pratiques qui, loin d’être anodines, détruisent des vies et faussent les bases mêmes des relations humaines. Car l’amour, le vrai, ne saurait être le fruit d’un rituel, d’une poudre ou d’un sortilège.

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