Nouvel épisode de discorde entre l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES). Ce vendredi, les représentants du Burkina Faso, du Mali et du Niger ont quitté la 2ᵉ session ordinaire annuelle du Conseil des ministres de l’UEMOA, dénonçant un manquement grave aux règles internes de l’organisation.
Au cœur du désaccord : le refus de confier la présidence du Conseil des ministres au Burkina Faso, en violation des statuts de l’Union.
Selon l’article 11 de l’UMOA – qui régit l’organisation du Conseil , la présidence doit être confiée de manière tournante à un ministre des Finances d’un État membre, pour un mandat de deux ans. Une disposition claire, que les pays de l’AES estiment bafouée au profit d’arrangements politiques.
Un boycott lourd de sens
Face à ce qu’ils considèrent comme une injustice flagrante et un mépris de l’équilibre institutionnel, les trois États sahéliens ont décidé de claquer la porte. Un geste fort, lourd de symbolique dans un contexte régional déjà sous tension.
Cette situation fait écho à la rupture déjà consommée avec la CEDEAO, dont le Burkina Faso, le Mali et le Niger se sont retirés en janvier dernier pour fonder leur propre alliance stratégique : l’AES. Cette fois, c’est l’UEMOA, autre pilier de l’intégration régionale, qui semble sur la sellette.
Un coup porté à la solidarité régionale ?
Ce nouvel épisode interroge sur la capacité réelle des organisations ouest-africaines à incarner une gouvernance équitable et inclusive, surtout lorsque des désaccords politiques viennent brouiller le respect des textes fondateurs.































