Un revirement brutal sur les ressources de bauxite.
Le gouvernement guinéen à officiellement révoqué la concession minière de bauxite accordée à la Guinea Alumina Corporation (GAC) , filiale d’Emirates Global Aluminium (EGA), via un décret rendu public le 5 août 2025 . La concession a immédiatement été transférée à une nouvelle entreprise d’État , baptisée Nimba Mining SA , sans compensation pour l’entreprise émiratie .
Motifs animés : non-respect du code minier
Selon les autorités, la décision repose sur des violations du code minier guinéen , notamment l’échec de GAC à présenter un plan de construction de raffinerie d’alumine, comme exigé par les nouvelles normes du pays
Cette exigence s’inscrit dans une politique régionale de plus en plus marquée : les gouvernements à gouvernance militaire en Afrique de l’Ouest cherchent à reprendre la main sur leurs ressources naturelles stratégiques.
Réponse de l’entreprise émiratie : plainte à venir
EGA dénonce une résiliation injustifiée et hostile de l’accord cadre avec GAC, qu’elle juge contraire aux obligations contractuelles de l’État guinéen. L’entreprise a annoncé son intention d’intenter des recours devant les tribunaux internationaux. À ce jour, plus de 2 000 employés et sous-traitants risquent d’être licenciés, mettant en danger des milliers de postes constitués principalement par GAC dans la région de Boké .
Des enjeux stratégiques et économiques majeurs
La concession concernée couvre une superficie d’environ 690 km² , estimée à quelque 400 millions de tonnes de bauxite brute. En 2022, GAC exportait près de 14 millions de tonnes, représentant environ 2 à 3 % de l’approvisionnement mondial en bauxite .
Depuis la suspension de ses activités au cours de l’automne 2024, les exportations de GAC sont passées de 14,1 millions de tonnes (2023) à 10,8 millions de tonnes en 2024, ce qui a provoqué une chute de 24 % de ses bénéfices , et une dépréciation comptable de 488 millions USD.
Un signal fort pour les investisseurs étrangers
La décision de Conakry s’inscrit dans un contexte où plusieurs pays de la région notamment le Mali, le Niger ou le Burkina Faso révisent leurs accords miniers en vue d’une meilleure valorisation nationale de leurs ressources. Elle pose la question de la confiance des investisseurs envers un cadre réglementaire jugé instable ou imprévisible.































