Le 12 août 2019, la Côte d’Ivoire perdait l’une de ses figures musicales les plus marquantes : DJ Arafat, le “Yorobo”, roi autoproclamé du coupé-décalé. À l’époque, sa disparition avait provoqué une onde de choc sans précédent : veillées, cortèges, hommages spontanés, inondations de publications sur les réseaux sociaux.
Pour beaucoup, il était plus qu’un artiste : un phénomène culturel, un personnage public qui faisait vibrer et parfois diviser, mais qui ne laissait personne indifférent.
Pourtant, six ans plus tard, la ville d’Abidjan semble étrangement calme. Les grandes fresques murales se sont effacées, les rassemblements massifs ont disparu, et sur les réseaux, seuls quelques fidèles entretiennent la mémoire du “Daïshi”. Ce contraste frappe et pousse à se demander : l’artiste qui enflammait la Côte d’Ivoire est-il déjà tombé dans l’oubli collectif ?

Certains avancent que c’est le cycle naturel de la mémoire populaire : les nouvelles générations s’attachent à d’autres figures, d’autres musiques, et la ferveur s’érode avec le temps. D’autres estiment que c’est aussi le signe d’un coupé-décalé en perte de vitesse, faute de relève à la hauteur du mythe.
Mais cette absence d’effervescence six ans après est-elle vraiment un signe d’oubli, ou simplement la preuve que le temps a apaisé les émotions, laissant place à une mémoire plus intime et moins ostentatoire ?
Le débat reste ouvert : DJ Arafat est-il encore dans les cœurs, ou bien a-t-il glissé, doucement, vers les oubliettes de l’histoire musicale ivoirienne ?































