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Guinée équatoriale : Baltazar Engonga, au cœur du scandale des sextapes, condamné à huit ans de prison

Le nom de Baltazar Ebang Engonga continue de défrayer la chronique en Guinée équatoriale. L’ancien directeur de l’Agence nationale d’investigation financière (ANIF), déjà tristement célèbre pour les sextapes qui avaient envahi les réseaux sociaux en novembre dernier, a été condamné mardi par le tribunal provincial de Bioko à huit ans de prison ferme et 125,4 millions de FCFA d’amende (environ 190 000 euros) pour détournement de fonds publics.

Selon Hilario Mitogo, directeur général de presse de la Cour suprême de justice de Malabo, l’ex-haut fonctionnaire a été jugé aux côtés de cinq autres responsables, tous accusés d’avoir détourné des montants compris entre 5 et 125 millions de FCFA sous prétexte de frais de voyages et de missions déjà pris en charge par l’État.

Du scandale sexuel au scandale financier

L’affaire prend une dimension particulière car Baltazar Engonga avait déjà fait couler beaucoup d’encre en novembre, alors qu’il se trouvait en détention préventive dans ce dossier financier. Des vidéos compromettantes, tournées dans différents lieux y compris son bureau au ministère des Finances l’avaient montré avec plusieurs partenaires, dont des épouses de dignitaires locaux.

Ces sextapes, rapidement virales, avaient contraint les autorités équatoguinéennes à ralentir le flux internet dans le pays pour tenter d’enrayer leur diffusion. En vain : le « phénomène Baltazar » avait franchi les frontières, inspirant chansons, danses, photomontages, et même des produits fictifs comme un aphrodisiaque surnommé « Balthazariem ». Sur les réseaux, il avait même été affublé d’un ironique « Ballon d’Or 2024 ».

Un « Bello » rattrapé par la justice

Surnommé « Bello » en raison de son physique avantageux, Baltazar Engonga, quinquagénaire marié et père de famille, est le fils de Baltasar Engonga Edjo, actuel président de la Commission de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (CEMAC).

Cette nouvelle condamnation jette une lumière crue sur les dérives au sommet de l’État équatoguinéen, dirigé depuis plus de 46 ans par le président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, 83 ans, doyen des chefs d’État encore en exercice dans le monde hors monarchies.

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