Connectez-vous à nous

Hi, what are you looking for?

Politique

L’électorat ivoirien n’est pas encore suffisamment armé pour distinguer aisément le vrai du faux

INTERVIEW 

Le fact-checking est devenu un pilier incontournable de la démocratie numérique, surtout dans des contextes électoraux tendus comme celui de la présidentielle de 2025 en Côte d’Ivoire. Cependant, la lutte contre les fausses informations demeure encore insuffisamment structurée au cours de cette campagne électorale. Mohamed Kebe, journaliste et spécialiste en fact-checking, nous en explique les raisons dans cette interview.

1. Comment évaluez-vous l’ampleur de la désinformation pendant cette campagne présidentielle ?

En tant que spécialiste, je qualifierais l’ampleur de la désinformation dans cette campagne présidentielle ivoirienne de significative à élever pour des raisons simples. Le contexte électoral est très sensible et polarisé, ce qui crée un terrain favorable à la propagation rapide de rumeurs et fausses informations

2. Est-ce que c’était prévisible d’avoir autant à combattre les infox pendant ces élections ?

Oui bien sûr, tout le monde aujourd’hui a accès à internet et aux réseaux sociaux, le terrain aux infox est vaste ce qui amplifie la vulnérabilité de l’électorat à ces faux contenus. Elle peut donc constituer un risque sérieux pour la crédibilité, la confiance et la paix sociale autour de ces élections. Et ça on l’a tous vu venir !

3. Comment les équipes de fact-checking travaillent-elles pour vérifier l’information en période électorale, où tout va très vite ?

Aujourd’hui il y a ce quon appelle la démocratie numérique, c’est-à-dire tous les usages du numérique qui renforcent la participation des citoyens à la vie publique et politique. Et Les équipes de fact-checking sont devenues un maillon essentiel de la démocratie numérique. Il leur ait impératif de de travailler à toujours trouver l’équilibre entre vitesse, précision et neutralitédans un environnement saturé de contenus électoraux. Une fois une information identifiée comme douteuse, les journalistes suivent un protocole rigoureux de vérification. L’objectif étant de repérer les contenus viraux, suspects ou susceptibles d’influencer le processus et d’en apporter démentis. 

4. Quel rôle devraient jouer les partis politiques et les médias traditionnels dans la lutte contre les infox ?

Si on est tous d’accord que les fausses informations peuvent entacher le jeu politique, il faut impérativement que les partis politiques deviennent eux même des modèles de transparence et d’éthique numériqueLa lutte contre la désinformation n’est pas qu’une question technique mais c’est surtout une question de responsabilité collective et de maturité politique.

Les médias eux font déjà l’effort en jouant un rôle de rempart contre les fausses nouvelles. De plus en plus de rédactions africaines mettent en place des unités dédiées. Il y a des médias ivoirien comme IvoireCheck, AIP fact-checking, AbidjanCheck, Eburnie Today, influencemag et le médiacitoyen pour ne citer que ceux qui essaient dans le mesure de leur possible de lutter contre ces fausses informations. 

5. Et le citoyen lambda, ceux qui font l’électorat sont-ils suffisamment outillés pour distinguer une information vraie d’une fausse ? Que faudrait-il renforcer pour les prochains scrutins par exemple ?

Vous touchez là à la question de la vulnérabilité du citoyen lambda face à la manipulation de l’information. De nombreux utilisateurs consomment l’information via les réseaux sociaux,sans vérifier les sources. Et beaucoup d’internautes ne distinguent pas un site d’informationcrédible d’une page partisane ou d’un compte anonyme. L’électorat ivoirien n’est pas encore suffisamment armé pour distinguer aisément le vrai du faux, mais il existe un potentiel considérable à exploiter. Je parle là de la jeunesse connectée, les radios locales, les journalistes engagés et les leaders communautaires qui peuvent devenir les gardiens de la vérité électorale.

La priorité pour les prochains scrutins, c’est donc de faire de la lutte contre les infox un réflexe citoyen, pas seulement une réaction institutionnelle.

  Amine Meité – Journaliste, Spécialiste en communication 

Cliquez pour commenter

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous aimerez aussi

Société

La scène a provoqué une énorme agitation dans la commune de Marcory ce lundi 18 mai 2026. Trois gendarmes ont été interpellés après avoir...

Société

Le feuilleton judiciaire qui secoue le Djoloff vient de prendre une tournure politique majeure. Matar Ndiaga Seck, alias « Ndiaga Seck », un comptable...

People

Un récit glaçant qui lève le voile sur l’envers du décor du succès religieux. Avant de devenir la coqueluche du gospel ouest-africain au milieu...

Société

Sous des airs de pâtisseries ordinaires, les « space cakes » des gâteaux incrustés de cannabis ou de drogues de synthèse s’arrachent à coups...