C’est une sortie qui fait l’effet d’un tacle à la gorge dans le monde des affaires en Afrique. Samuel Eto’o, le « 9 majeur », président de la FECAFOOT, vient de briser le silence sur l’un de ses plus gros échecs financiers : l’aventure Set Mobile.
Et attention, les chiffres donnent le tournis : 4 milliards de FCFA partis en fumée.
« On va dépouiller cette banque »
L’ancien capitaine des Lions Indomptables ne mâche pas ses mots. Pour lui, ce n’est pas le marché qui a tué son projet, mais l’attitude de certains de ses propres frères camerounais qu’il avait recrutés pour gérer l’entreprise.
« J’ai fait le choix de recruter des Camerounais brillants, formés, compétents… Je leur ai fait confiance, mais certains n’ont pas vu en moi un investisseur, ils ont vu une banque. Ils se sont dits : on va dépouiller cette banque », a-t-il confié avec amertume.
Un investissement 100% « propre poche »
Alors que les critiques fusent souvent sur la gestion de la FECAFOOT, Eto’o a tenu à mettre les points sur les « i » : cet argent ne sortait pas des caisses de l’État ou de la fédération. C’était son propre « transpi », l’argent gagné sur les pelouses de Barcelone, de l’Inter ou de Chelsea.
Vouloir créer des emplois et booster l’économie locale s’est transformé en un véritable chemin de croix financier. Pour « Papa Eto’o », la pilule est d’autant plus difficile à avaler que l’échec est venu de l’intérieur.
Quel message pour nos champions entrepreneurs ?
Cette révélation relance un débat brûlant en Côte d’Ivoire comme au Cameroun : peut-on investir « au pays » en comptant uniquement sur la fraternité ? Entre la compétence réelle et la tentation de « bouffer » l’argent du grand frère star, le projet Set Mobile est devenu un cas d’école sur les risques de l’entrepreneuriat des sportifs de haut niveau.































