L’élan de solidarité autour de l’acteur ivoirien Fortuné Akakpo a été impressionnant.
À la suite du SOS lancé pour lui permettre d’avoir un toit, la mobilisation a été rapide. C’est Apoutchou National qui a initié la cagnotte. Résultat : 40 millions de FCFA réunis.
Bravo. Sincèrement.
Mais après l’émotion, une question demeure : c’est quoi la suite ?
Une joie… et un malaise
De nombreuses voix du milieu du cinéma se sont levées pour féliciter l’initiative. Mais derrière les applaudissements, un ras-le-bol profond s’est exprimé. Car si aujourd’hui un acteur aussi connu se retrouve dans une situation aussi précaire, ce n’est pas un simple accident. C’est le symptôme d’un système fragile.
Et soyons honnêtes : nous sommes tous un peu responsables.
Les téléspectateurs
Nous consommons les contenus.
Nous aimons les extraits sur les réseaux.
Nous partageons les buzz.
Mais allons-nous réellement au cinéma lors des sorties ?
Payons-nous pour les spectacles ?
Soutenons-nous financièrement l’industrie que nous disons aimer ?
Le cinéma ne peut pas survivre uniquement avec des vues Facebook.
Les producteurs
Certains privilégient la rentabilité immédiate.
Les cachets sont souvent faibles.
La protection sociale quasi inexistante.
Peu de mécanismes d’accompagnement existent pour les acteurs en fin de carrière ou en difficulté.
Quand le rideau tombe, chacun se débrouille.
Les acteurs eux-mêmes
La vérité est aussi là.
Manque d’organisation collective.
Faible structuration syndicale.
Peu d’initiatives pour créer des fonds de solidarité durables.
Il ne suffit pas d’attendre l’aide lorsqu’un drame survient.
Il faut anticiper.
Et l’État ?
Le secteur culturel reste le parent pauvre des politiques publiques.
Les fonds sont dispersés.
Les priorités ailleurs.
Pourtant, le cinéma est une vitrine nationale, un outil d’influence et un moteur économique potentiel.
Sans vision structurée, les crises individuelles vont se répéter.
40 millions aujourd’hui… et demain ?
La maison de Fortuné Akakpo sera construite ou acheté .
C’est une belle victoire humaine. Mais combien d’autres vivent la même situation en silence ? Combien d’autres SOS faudra-t-il lancer ?
La vraie question n’est pas le montant récolté. La vraie question est : quand allons-nous structurer durablement notre industrie ?
Parce qu’un secteur qui survit grâce aux cagnottes n’est pas un secteur solide.































