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Politique

Absence prolongée de Tidjane Thiam : fuite stratégique ou mépris assumé ?

Radié de la liste électorale, Tidjane Thiam cristallise désormais toutes les tensions. Et dans cette affaire, ce n’est plus seulement la légalité de sa radiation qui fait débat, mais bien son rapport à la Côte d’Ivoire elle-même. Pour beaucoup, il ne s’agit pas d’un homme empêché, mais d’un homme qui n’a jamais voulu vraiment venir.

Alors qu’une frange de l’opinion voit dans son exclusion une injustice flagrante, d’autres dénoncent une fuite en avant, un repli volontaire maquillé en martyr politique.

« Il n’a jamais eu l’intention de se mêler aux Ivoiriens »

Dans les coulisses du pouvoir, certains n’y vont pas de main morte :

« Thiam joue à cache-cache avec la nation. Il envoie des communiqués depuis Paris ou Genève, mais quand il faut venir faire face à la réalité du terrain, il disparaît. »

Un cadre politique, sous couvert d’anonymat, ironise :

« On dirait qu’il fait campagne pour le FMI, pas pour les Ivoiriens. »

Ces attaques ne sont pas nouvelles, mais elles prennent un relief particulier dans le contexte actuel. Loin des foules, Thiam reste à distance, dans une posture qui alimente le soupçon :

« Il n’aime pas ce pays. Il ne le connaît pas. Il ne s’y sent pas chez lui. »

Certains vont plus loin, en l’accusant d’instrumentaliser l’opinion internationale, pendant que le peuple, lui, attend un visage, une présence, une voix sur le terrain.

« Il croit que son CV suffit. Mais ici, on veut un homme qui connaît les réalités, pas un nom dans les salons de Davos. »

Une candidature précipitée, jamais assumée ?

Pour plusieurs observateurs politiques, la candidature de Tidjane Thiam a été lancée dans la précipitation, sans ancrage réel ni volonté ferme d’aller au bout. Une aventure électorale pensée dans les hautes sphères, mais jamais incarnée sur le terrain.

« Il n’a pas pris le temps de se réinstaller, de se réapproprier son identité nationale. Il croyait que l’élection allait se jouer sur LinkedIn. »

Et quand il devient évident que la machine administrative se durcit, il ne bouge pas.

« Il savait qu’on allait le bloquer. Mais quelque part, ça l’arrangeait. Il pourra toujours dire qu’il a été empêché, sans avoir eu à se battre. »

Un sentiment d’abandon chez certains sympathisants

Même chez ceux qui voyaient en lui une alternative sérieuse au pouvoir en place, le doute s’installe.

« On voulait un homme neuf, mais on ne voulait pas un homme absent. »

Ce vide, cette absence prolongée, devient un signal de désamour. Le peuple ivoirien a longtemps été trahi, blessé, désabusé. Et le moindre signe de distance est perçu comme du mépris.

« Quand tu prétends diriger un peuple, tu ne restes pas planqué à l’étranger pendant que tes partisans se font radier. »

L’absence qui tue le mythe

Ce que les pro-Thiam appelaient un « silence stratégique », ses détracteurs le lisent comme un abandon froid et calcul.
Il n’y a peut-être pas eu de sabotage, ni de cabale judiciaire. Pour beaucoup, Tidjane Thiam s’est sabordé tout seul.
En ne venant pas, il a laissé le champ libre à la suspicion. Et il a confirmé, pour certains, ce qu’ils pensaient déjà :

« Il n’est pas des nôtres. »

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