Le président Alassane Dramane Ouattara (ADO) a officiellement annoncé sa candidature à l’élection présidentielle prévue pour octobre 2025. Cette déclaration met fin à des mois de spéculations et confirme sa volonté de poursuivre à la tête de l’État ivoirien pour un nouveau mandat, suscitant à la fois enthousiasme et controverses sur la scène politique nationale et internationale.

Une annonce stratégique dans un contexte de transition incertaine
Face à une base militante rassemblée et enthousiaste, le président Ouattara a déclaré vouloir « répondre à l’appel du peuple » et « garantir la stabilité et la paix en Côte d’Ivoire ». Âgé de 83 ans, le chef de l’État, au pouvoir depuis 2011, justifie sa candidature par l’absence de consensus autour d’un successeur crédible au sein du Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP).
Selon ses proches, cette décision vise à « préserver les acquis économiques et sécuritaires » de la dernière décennie, dans une sous-région marquée par l’instabilité (putschs militaires, repli démocratique, terrorisme).
Un débat juridique sur le nombre de mandats
Alassane Ouattara affirme qu’il ne s’agit que de son deuxième mandat au regard de la Constitution de 2016, qui aurait, selon ses avocats, remis le compteur des mandats à zéro. Pourtant, l’opposition politique et de nombreuses organisations de la société civile dénoncent ce qu’ils considèrent comme une tentative de passage en force pour briguer un quatrième mandat de fait.
Cette situation n’est pas sans rappeler les controverses observées dans d’autres pays africains comme la Guinée ou le Togo, où les modifications constitutionnelles ont servi à prolonger des mandats présidentiels déjà bien entamés.
Une opposition affaiblie, un boulevard pour ADO ?
Les grands opposants historiques comme Laurent Gbagbo, Guillaume Soro ou encore Tidjane Thiam font face à des obstacles judiciaires ou politiques qui fragilisent leur capacité à concourir librement. Le Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), tout comme le PDCI-RDA, dénonce une élection « jouée d’avance » dans un environnement politique verrouillé.
Cependant, malgré les critiques, le RHDP conserve un appareil politique puissant, solidement implanté sur tout le territoire et bénéficiant des fruits de la croissance économique soutenue.
Les enjeux de la présidentielle 2025 : stabilité, jeunesse, gouvernance
Cette élection revêt une importance capitale pour l’avenir du pays :
- Stabilité politique : dans un contexte régional fragile, la Côte d’Ivoire est perçue comme un pilier de stabilité. Toute transition doit être gérée sans débordements.
- Renouvellement générationnel : les jeunes, qui représentent plus de 70 % de la population, aspirent à des visages neufs, à une gouvernance participative et à des opportunités concrètes.
- Crédibilité démocratique : la perception internationale du scrutin sera décisive pour la coopération économique et diplomatique du pays.
Une candidature à double tranchant
Si la candidature d’Alassane Ouattara rassure certains segments de la population et des partenaires internationaux attachés à la stabilité, elle soulève également de vives inquiétudes sur l’alternance démocratique et la pérennité des institutions ivoiriennes au-delà des figures historiques.
Le choix d’un nouveau mandat apparaît ainsi comme un pari politique, où la volonté de continuité pourrait se heurter à une soif grandissante de changement dans la société ivoirienne.































