Une vive polémique agite l’hémicycle ivoirien depuis la révélation d’une convention signée entre l’Assemblée nationale et la compagnie aérienne Corsair. Ce partenariat, conclu en 2022 et renouvelé récemment, permet aux députés de bénéficier de tarifs préférentiels pour leurs voyages officiels et privés, ainsi que d’un accès facilité aux soins à l’hôpital américain de Paris. Jugée « scandaleuse » par plusieurs députés de l’opposition, la convention a poussé le président de l’Assemblée nationale, Adama Bictogo, à monter au créneau pour défendre l’accord.
Une convention « bénéfique », selon Bictogo
Interpellé lors d’une session parlementaire, Adama Bictogo a fermement répondu aux critiques. Il a souligné que la convention n’a rien de secret ni d’illégal, et qu’elle a été validée par le Bureau de l’Assemblée nationale, où siègent des représentants de toutes les tendances politiques.
« Ce n’est pas un accord clandestin. Il a été signé dans la transparence, au bénéfice de tous les députés, sans distinction », a déclaré le président de l’Assemblée.
Selon lui, ce partenariat vise à faciliter les déplacements des parlementaires et à améliorer leurs conditions de travail, dans un contexte où les exigences professionnelles nécessitent une mobilité constante. Il précise également que l’adhésion à cette convention reste facultative.

L’opposition dénonce une « privilégiature »
Malgré les explications du président de l’Assemblée, les députés issus du PDCI-RDA, du PPA-CI et du FPI ont exprimé leur indignation. Dans un communiqué commun, ils ont dénoncé un traitement de faveur injustifié, estimant que les ressources publiques ne doivent pas servir à financer les privilèges d’élus.
« Dans un pays où le citoyen lambda peine à se soigner et à se déplacer, il est indécent d’accorder de tels avantages à une élite politique », ont-ils souligné.
En réponse, Adama Bictogo a accusé certains députés de l’opposition d’hypocrisie. Il affirme que plusieurs d’entre eux ont déjà profité de la convention avant de s’en désolidariser publiquement.
« Il n’est pas acceptable que des parlementaires utilisent les avantages d’une convention et se présentent ensuite comme ses détracteurs », a-t-il fustigé.
Au-delà du débat sur la convention elle-même, l’affaire Corsair met en lumière des tensions plus profondes sur la gestion des privilèges des élus et la transparence des institutions. Alors que le pays s’achemine vers de nouvelles échéances électorales, cette affaire pourrait bien raviver les critiques sur la gouvernance et l’éthique des représentants politiques.
































Pingback: Convention avec Corsair : Gbagbo convoque les siens, après la mise au point de Bictogo - Zappingmedias.com