la tiktokeuse ivoirienne Akoua s’est livrée sur son parcours. Elle lève le voile sur les réalités qui ont forgé son caractère.

Une enfance marquée par le « regard de 10h »
Originaire de Bonoua, la jeune femme, de son vrai nom Fatou (un prénom donné par son compagnon actuel), a très tôt été confrontée à sa différence. Sa scolarité au Lycée Moderne de Bonoua reste un souvenir douloureux. Elle y évoque le « regard de 10h », ce moment de la récréation où les élèves s’attroupaient devant sa classe de 6ème pour se moquer de sa petite taille. Ce traumatisme l’a poussée à abandonner ses études, un regret qu’elle porte encore aujourd’hui, bien qu’elle ait transformé cette épreuve en force.
L’ascension numérique comme thérapie
C’est sur les réseaux sociaux qu’Akoua a trouvé une forme de rédemption. Pourtant, ses débuts étaient timides : elle cadrait ses vidéos pour dissimuler son corps. C’est grâce au soutien d’internautes et à une prise de conscience personnelle qu’elle a décidé de s’assumer pleinement. Aujourd’hui, elle ne se cache plus. Au contraire, elle utilise sa plateforme pour inspirer ceux qui, comme elle, se sentent marginalisés. « Quand les gens m’appellent « la star », cela me donne la force de ne plus jamais me sentir complexée », confie-t-elle.

Maternité et résilience
Le parcours d’Akoua n’a pas été sans embûches. Elle est revenue sur l’épisode difficile de sa grossesse, non reconnue par le père biologique pour des raisons liées à son physique. Durant cette période, elle a pu compter sur le soutien indéfectible de sa mère, qui est venue la chercher alors qu’elle se sentait isolée. Aujourd’hui, sa fille de 18 mois, prénommée Yen (en hommage à l’animatrice Yvidero), est le moteur de sa vie. Akoua met un point d’honneur à subvenir seule à ses besoins, gérant ses contrats publicitaires avec rigueur pour assurer l’avenir de son enfant.
« Moha », l’amour à distance qui valorise
L’un des moments forts de l’interview concerne sa relation avec Moha, un homme résidant en France. Bien qu’ils ne se soient pas encore rencontrés physiquement, Akoua décrit une relation basée sur la valorisation et le respect. Moha a accepté sa fille comme la sienne, un geste rare qu’elle salue avec émotion. « C’est lui qui montre aux gens ma valeur », explique-t-elle, précisant que sa belle-mère a déjà validé leur union.
Aujourd’hui influenceuse sollicitée par les marques, Akoua prouve que le destin n’est pas une fatalité, mais une construction de chaque instant.































