C’est une première en Côte d’Ivoire. À l’occasion du 10e anniversaire du COJEP (Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des peuples), son président Charles Blé Goudé innove : le grand meeting du 15 août 2025 sera payant, avec un ticket d’entrée fixé à 1000 FCFA. Un geste hautement symbolique, destiné à révolutionner la relation entre les partis politiques et leurs militants.
Nous ne paierons plus les gens pour venir, ce sont eux qui paieront pour nous soutenir »
Dans une déclaration faite le 1er juillet, Charles Blé Goudé a clairement affiché sa volonté de rompre avec la vieille pratique politique consistant à « mobiliser à coup de billets de banque et de t-shirts ». Le COJEP veut marquer sa différence en faisant appel à une mobilisation volontaire et financière des citoyens eux-mêmes.
« Pour la première fois en Côte d’Ivoire, ce ne sont pas les partis qui payent le peuple, c’est le peuple qui s’implique pour faire vivre le parti », a-t-il affirmé.
Un ticket d’entrée comme outil de transparence
Au-delà de l’aspect inédit, cette démarche se veut aussi transparente. Le calcul est simple :
- 15 millions de FCFA collectés = 15 000 participants
- 20 millions = 20 000 personnes présentes
Une manière directe et vérifiable, selon le COJEP, de clore le débat sur les chiffres de participation, souvent gonflés ou contestés lors des grands rassemblements politiques.
Vers un financement autonome du COJEP
L’initiative s’inscrit dans une vision d’indépendance financière du parti. Pour Blé Goudé, il s’agit d’un « panier de l’espoir », à la fois symbole de dignité, de contribution volontaire et de responsabilité collective.
« Ce panier permettra au parti de se prendre en charge et de continuer sa route sans dépendre d’aucun acteur extérieur. C’est aussi un engagement concret des militants. »
L’argent récolté servira à financer les prochaines campagnes, à structurer le parti et à garantir une voix politique affranchie des pressions économiques ou diplomatiques.
Un pari politique risqué ou une révolution silencieuse ?
Dans un pays où les partis politiques rivalisent souvent à coups de distributions de billets et de promesses électoralistes, ce choix audacieux du COJEP soulève déjà de nombreuses réactions. Certains y voient une stratégie courageuse pour responsabiliser les électeurs ; d’autres dénoncent une barrière financière à la participation politique, même symbolique.
Reste à voir si les militants répondront à l’appel du portefeuille autant qu’à celui du cœur. Le 15 août, le verdict tombera dans les caisses… et dans les urnes médiatiques.































