La visite de Patrice Motsepe à Dakar ce mercredi n’a rien d’anodin. Dans un climat électrique né de la décision polémique de la CAF d’attribuer la CAN 2025 au Maroc sur tapis vert, le patron du football africain débarque au Sénégal avec une mission claire : désamorcer une crise qui fragilise l’image de l’instance continentale.
Selon plusieurs sources proches du dossier, cette escale sénégalaise s’inscrit dans une logique d’apaisement après des semaines de tensions entre Dakar, Rabat et la Confédération africaine de football. La Fédération sénégalaise de football, toujours vent debout contre la décision du jury d’appel, a saisi le Tribunal arbitral du sport (TAS) pour tenter de récupérer un titre remporté sur le terrain avant d’être perdu dans les bureaux.

À Dakar, Patrice Motsepe doit rencontrer les responsables de la FSF mais aussi les plus hautes autorités de l’État, dont le président Bassirou Diomaye Faye. Au-delà du bras de fer juridique autour de la finale, cette visite prend une dimension hautement diplomatique, alors que la confiance entre la CAF et une partie de l’opinion sénégalaise s’est sérieusement fissurée.
Autre sujet brûlant qui devrait s’inviter dans les échanges : la situation des 18 supporters sénégalais toujours détenus à Rabat depuis la finale. Un dossier sensible qui dépasse le simple cadre sportif et nourrit encore davantage les crispations entre les deux nations.
Avant de rejoindre le Maroc dans la foulée, le président de la CAF effectuera également une visite symbolique sur l’île de Gorée, avec un passage par la Maison des Esclaves. Une étape mémorielle lourde de sens, qui contraste avec le poids politique et émotionnel du dossier CAN 2025.
Plus qu’une simple visite protocolaire, le déplacement de Patrice Motsepe ressemble à une opération de reconquête diplomatique, au moment où la CAF traverse l’une des plus fortes tempêtes de crédibilité de ces dernières années. Dakar attend désormais des paroles, mais surtout des actes.































