Dans un climat politique marqué par les doutes et les interrogations, le président camerounais Paul Biya a fait sa première apparition publique ce mardi 15 juillet 2025, en recevant en audience le Nonce Apostolique, Mgr José Avelino Bettencourt, représentant du Saint-Siège. Une mise en scène diplomatique qui intervient quelques jours seulement après l’annonce controversée de sa candidature à la présidentielle de 2025.
Sur son compte X (anciennement Twitter), le chef de l’État s’est félicité de cette rencontre :

« Heureux d’avoir reçu ce jour le Nonce Apostolique, Mgr José Avelino Bettencourt, à l’aube du pontificat du pape Léon XIV, qui ouvre de nouvelles et belles perspectives dans la relation entre le Saint-Siège et le Cameroun. »
Un rendez-vous spirituel… au fort goût politique
Officiellement, cette audience s’inscrit dans le cadre des missions traditionnelles du président en matière de relations diplomatiques. Mais son timing interroge , dans un contexte où les doutes sur la capacité de Paul Biya, 92 ans, à gouverner réellement, se font de plus en plus insistants. De nombreuses voix parlent déjà de gouvernance par procuration .
L’Église catholique, bien portée dans le tissu social camerounais, est depuis longtemps un interlocuteur stratégique du pouvoir. Le Vatican et Yaoundé entretiennent des relations soutenues, illustrées par plusieurs visites et rencontres de haut niveau, dont celle, en novembre 2024, du Secrétaire pour les relations extérieures du Saint-Siège, Mgr Paul Richard Gallagher.
Dans un communiqué officiel, la présidence a rappelé l’engagement commun entre le Cameroun et le Vatican à œuvrer pour « le bien-être moral, spirituel et matériel de l’humanité » et pour la promotion de la solidarité entre les peuples.
Une réapparition calculée
Cette rencontre, au-delà de sa portée diplomatique, sert surtout à réaffirmer la présence active du président sur la scène publique , dans un cadre formel et contrôlé. Pas de discours, pas de questions de journalistes, mais une image soigneusement diffusée pour répondre aux rumeurs. Une façon pour Paul Biya de se montrer, sans réellement parler.
Alors que la perspective d’un nouveau mandat suscite des remous jusque dans son propre camp, cette audience solennelle avec le Vatican semble penser pour rassurer les soutiens, détourner l’attention des critiques, et poser un décor apaisant dans un contexte électoral explosif.































