Au Cameroun, le processus électoral en cours à la Fédération camerounaise de football (Fecafoot) suscite une vive polémique. Plusieurs acteurs du football national se sont insurgés contre ce qu’ils qualifient de dérives dans la gestion du scrutin par le président de l’instance, Samuel Eto’o.
Une contestation grandissante
Dans un communiqué daté du 14 septembre 2025, plusieurs organisations parmi lesquelles l’Association des clubs de football amateur du Cameroun (ACFAC), l’Association camerounaise des arbitres de football (ACAF) ainsi que le Collectif des clubs professionnels et dirigeants ont exprimé leur indignation face aux conditions dans lesquelles se tiennent les élections.
Elles dénoncent notamment l’absence des commissaires du gouvernement lors des assemblées générales départementales, l’exclusion jugée arbitraire de nombreux clubs et candidats, ainsi que la violation des statuts de 2021.
La défiance envers la tutelle
Les contestataires reprochent également à la Fecafoot d’avoir ignoré les injonctions du ministre des Sports et de l’Éducation physique, contenues dans une correspondance adressée à Samuel Eto’o le 21 août dernier. Le ministère avait demandé de corriger les irrégularités constatées afin de garantir un processus électoral inclusif et transparent.
Pour ces acteurs, l’attitude de la Fecafoot traduit une défiance ouverte vis-à-vis de l’autorité de tutelle, accentuant une crise qui mine le football camerounais depuis près de quatre ans.
Un appel à la suspension du processus électoral
Face à ce climat tendu, l’ACFAC, l’ACAF et le Collectif des clubs professionnels réclament la suspension immédiate du processus électoral. Ils estiment qu’une telle décision est devenue indispensable pour restaurer la sérénité et permettre l’ouverture de véritables concertations entre toutes les parties prenantes.
Les organisations affirment également leur volonté d’initier dans les prochains jours un nouveau processus électoral, qu’elles souhaitent inclusif, transparent et capable de doter la Fecafoot d’un exécutif « légal et légitime ».
Une crise persistante
Ces tensions s’inscrivent dans un contexte de crise prolongée au sein du football camerounais. Depuis plusieurs années, la Fecafoot est régulièrement secouée par des différends liés à sa gouvernance, sa gestion et ses procédures électorales.
La situation actuelle ravive les inquiétudes quant à l’avenir du football national, alors que les clubs et les acteurs réclament une réforme en profondeur pour ramener stabilité et crédibilité au sein de l’institution.































