La polémique née de la présence de la tiktokeuse MaaBio à la conférence de presse des Éléphants lors de la CAN 2025 continue de faire réagir. Cette fois, c’est l’animatrice ivoirienne Emmanuelle Keita qui est sortie de son silence pour livrer une analyse sans détour, lucide et nuancée.
En cause : la participation de MaaBio à la conférence de presse d’avant-match Côte d’Ivoire–Cameroun, animée par le sélectionneur Faé Émerse. Une présence jugée « illégitime » par une partie de l’opinion, au motif que la tiktokeuse n’est ni journaliste ni actrice reconnue du monde du football.
Face à la vague de critiques, Emmanuelle Keita a choisi de remettre le débat à sa juste place.

« Il faut regarder cette situation avec honnêteté et sans posture. Oui, une conférence de presse est à la base un espace réservé aux journalistes. Et oui, les journalistes étaient bien présents, personne ne leur a retiré leur place ni leur légitimité », a-t-elle rappelé.
Mais l’animatrice va plus loin, pointant une réalité dérangeante : aucune question issue de cet espace pourtant légitime n’a véritablement marqué l’opinion publique. À l’inverse, la question jugée maladroite de MaaBio est devenue virale, au point d’être la séquence la plus commentée de la conférence.
« Beaucoup de personnes n’ont su qu’il y avait eu une conférence de presse qu’à travers cette séquence-là. Ce n’est pas confortable à entendre, mais c’est une réalité », assume-t-elle.
Sur le fond, Emmanuelle Keita estime que la question posée par la tiktokeuse n’est pas aussi creuse qu’on le prétend. Elle évoque le poids émotionnel spécifique de la CAN, la pression nationale, l’environnement climatique et psychologique, qui peuvent influencer même des joueurs évoluant à l’étranger.
« On peut contester la manière, mais pas balayer la question d’un revers de main », tranche-t-elle.
L’animatrice se montre également empathique envers les journalistes, reconnaissant leur malaise face à l’évolution des codes médiatiques. Elle confie d’ailleurs vivre elle-même ce sentiment lorsqu’elle est associée à des profils avec lesquels elle ne se reconnaît ni dans le fond ni dans la démarche.
Cependant, Emmanuelle Keita refuse de nier l’évidence : le paysage médiatique a changé. Les canaux de diffusion ont évolué, les audiences aussi.
« Aujourd’hui, certaines personnes touchent des publics que d’autres n’atteignent plus. Ce n’est pas une question de valeur intellectuelle ou de compétence professionnelle, mais d’audience et de connexion », souligne-t-elle.
En conclusion, elle appelle à dépasser les clivages stériles entre journalistes et influenceurs, anciens et nouveaux acteurs, légitimes et illégitimes.
« Il faut arrêter de penser en opposition permanente. On n’avancera pas comme ça. Il faut avancer ensemble. La réalité est là, et continuer à la nier ne fera que creuser le fossé », a-t-elle écrit ce dimanche 28 décembre 2025.
Une prise de position qui relance le débat sur la place des nouveaux acteurs dans l’univers médiatique sportif africain, à l’heure où la CAN 2025 se joue aussi… hors du terrain.
































