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Carton rouge au cimetière de Williamsville : jusqu’à quand l’indignité ?

Le cimetière de Williamsville, lieu de repos de nombreuses personnalités ivoiriennes, est devenu au fil des années un symbole inquiétant de laisser-aller, d’insécurité et d’indignité. Profanations de tombes, trafics en tout genre, absence quasi totale de surveillance : tout semble y être toléré.

Après DJ Arafat hier, c’est aujourd’hui Nadiya Sabeh qui voit sa dernière demeure violée, à peine 24 heures après son inhumation. Deux figures publiques, deux chocs nationaux, deux drames qui ravivent une même question : que se passe-t-il réellement dans ce cimetière censé incarner le respect des morts ?

Le plus troublant, c’est que l’on s’indigne à juste titre parce qu’il s’agit de personnes connues, mais qu’en est-il des personnes lambda, anonymes, dont les tombes sont peut-être profanées dans le silence total, sans caméra ni indignation collective ?

De nombreux témoignages évoquent un lieu devenu zone de non-droit : absence de gardiennage efficace, allées transformées en points de deal, comportements déplacés, et une sécurité quasiment inexistante. Dans ces conditions, peut-on encore parler d’un espace sacré ?

La question mérite d’être posée frontalement : Ce cimetière doit-il être classé zone rouge, strictement contrôlée, voire temporairement restreinte d’accès tant que des mesures sérieuses ne sont pas mises en place ?

Car laisser perdurer cette situation, c’est non seulement banaliser la profanation des morts, mais aussi porter atteinte à la dignité des familles endeuillées et à la mémoire collective du pays. Un cimetière n’est pas un terrain vague, encore moins un lieu de trafics. C’est un espace de recueillement, de respect et de paix.

L’État, les collectivités locales et les autorités compétentes sont désormais interpellés. Il ne s’agit plus d’émotion passagère, mais d’un problème structurel qui exige des réponses fermes : sécurité permanente, vidéosurveillance, contrôle des accès et sanctions exemplaires.

Parce qu’au-delà des célébrités, chaque mort mérite le respect. Et parce qu’une société se juge aussi à la manière dont elle protège ses morts.

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