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Cinq gendarmes ivoiriens interpellés à la frontière burkinabè ont regagné Abidjan

Cinq gendarmes ivoiriens, récemment arrêtés par des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), forces supplétives civiles de l’armée burkinabè, ont regagné Abidjan samedi 22 juin dans la soirée. L’information a été confirmée le lendemain par une source gouvernementale ivoirienne citée par l’AFP.

Ces militaires avaient été interpellés le 21 juin alors qu’ils venaient de franchir la frontière depuis le territoire ivoirien. Alertées de leur arrestation, les autorités d’Abidjan ont rapidement pris contact avec Ouagadougou pour demander leur libération. Selon la même source, cette restitution s’inscrit dans un esprit de réciprocité : deux mois auparavant, des VDP burkinabè appréhendés en Côte d’Ivoire avaient été remis à leur pays d’origine.

L’incident vient raviver les tensions entre les deux pays, dont les relations se sont nettement dégradées depuis l’arrivée au pouvoir du capitaine Ibrahim Traoré à la tête du Burkina Faso, à la suite du coup d’État de septembre 2022. Le régime burkinabè, marqué par une ligne souverainiste affirmée, accuse régulièrement la Côte d’Ivoire de tenter de déstabiliser son territoire, des accusations toujours rejetées par Abidjan.

Ce n’est pas la première fois que des membres des forces de sécurité ivoiriennes sont interpellés de l’autre côté de la frontière. En septembre 2023, deux gendarmes avaient été arrêtés au Burkina Faso. Ils y étaient restés détenus pendant plus d’un an, alimentant la méfiance entre les deux capitales.

Les tensions sont d’autant plus vives que les deux pays partagent une frontière longue de près de 600 kilomètres, difficile à surveiller, dans une zone marquée par l’insécurité, les trafics et la présence de groupes armés.

Les différends entre Abidjan et Ouagadougou s’inscrivent aussi dans un contexte régional plus large. Tandis que le Burkina Faso, aux côtés du Mali et du Niger, a rompu ses liens avec la France et formé l’Alliance des États du Sahel (AES), la Côte d’Ivoire poursuit sa coopération avec Paris et s’est toujours opposée aux prises de pouvoir militaires dans la région.

Par ailleurs, plus de 80 000 réfugiés burkinabè ayant fui les violences jihadistes ou les exactions des forces armées et de leurs supplétifs vivent actuellement sur le sol ivoirien. Une réalité humanitaire qui rappelle la complexité des relations entre les deux voisins.

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