L’icône de la bande FM et figure historique de RFI brise le silence. Dans un entretien sans langue de bois accordé à Espace TV Guinée, Claudy Siar revient sur son éviction de France 24. L’animateur star règle ses comptes avec l’audiovisuel public français.

C’est un pavé dans la mare de l’audiovisuel français. Invité sur le plateau du « Franc Parler », Claudy Siar n’a pas seulement évoqué son passé, il a dénoncé ce qu’il considère être une véritable « chasse aux sorcières » idéologique.
« On peut briser mon contrat, pas mes combats »

Le couperet est tombé il y a un peu plus d’un an : Claudy Siar a été licencié de France 24. La raison ? Ses prises de position humanistes sur les réseaux sociaux, et plus particulièrement son soutien affiché au peuple palestinien. Pour celui qui se définit comme un « orthodoxe de l’humanisme », le prix à payer est lourd, mais assumé.« Je paye très cher mes engagements… On peut mettre un terme à mon contrat, mais pas à mes combats », a-t-il lancé avec la détermination qu’on lui connaît.
Le « privilège » de l’opinion : le coup de gueule contre le deux poids, deux mesures
Le point le plus polémique de son intervention réside dans son analyse du paysage médiatique hexagonal. Selon lui, il existerait une liberté d’expression à géométrie variable au sein du service public.
Siar pointe du doigt une réalité qu’il juge systémique : en France, un journaliste peut soutenir ouvertement Israël, les États-Unis ou même l’extrême droite sans craindre pour son poste. En revanche, pour une personnalité noire, la marge de manœuvre serait inexistante.
« Si vous êtes noir en France et que vous soutenez celles et ceux que l’on opprime, votre carrière peut s’arrêter immédiatement », affirme-t-il, mettant au défi quiconque de trouver une autre figure noire dans les médias français osant porter une parole aussi libre.
Seul contre tous ?
Interrogé sur les pressions et les insultes racistes qu’il subit sur la toile, l’animateur balaie les critiques d’un revers de main. Pour lui, les réseaux sociaux ne sont que le « bar du coin » où l’ignorance s’étale. Ce qui l’inquiète davantage, c’est le silence de ses pairs et la pression institutionnelle qui s’accentue, précisant que les choses sont également « très mal engagées » pour lui avec RFI.































