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Côte d’Ivoire : 150 migrants ivoiriens rapatriés du Niger, un retour volontaire encadré par la DGIE et l’OIM

La Côte d’Ivoire a procédé au rapatriement de 150 ressortissants ivoiriens en provenance du Niger le 9 mars 2026. Cette opération s’inscrit dans le cadre du programme de retour volontaire et de réintégration piloté par la Direction générale des Ivoiriens de l’extérieur (DGIE) en partenariat avec l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Il s’agit du deuxième vol organisé en l’espace d’un mois, après celui du 9 février qui avait permis le retour de 149 migrants. Au total, près de 300 Ivoiriens ont ainsi été ramenés au pays depuis le début de l’année 2026, dans une dynamique qui s’inscrit dans la volonté des autorités ivoiriennes d’assurer un retour digne et sécurisé à leurs ressortissants en difficulté à l’étranger.

Pourquoi ces migrants ivoiriens se sont retrouvés au Niger ?

Parmi les 150 personnes rapatriées, on compte 127 hommes, 22 femmes et 10 mineurs. La majorité d’entre eux sont des jeunes ayant quitté la Côte d’Ivoire dans l’espoir d’améliorer leurs conditions de vie.

Le Niger constitue en effet un point de transit majeur sur les routes migratoires du Sahel. De nombreux migrants y passent dans l’espoir de rejoindre l’Europe via la Libye ou l’Algérie.

Cependant, plusieurs facteurs ont contribué à bloquer ces parcours migratoires : renforcement des contrôles migratoires dans la région, application de la loi nigérienne de 2015 contre le trafic de migrants, coûts de passage de plus en plus élevés…

Beaucoup de migrants se retrouvent ainsi sans papiers, sans ressources et exposés à des conditions de vie difficiles.

DGIE et OIM : une coopération pour un retour digne

Le programme de retour volontaire repose sur une collaboration étroite entre la DGIE et l’OIM, chacune jouant un rôle spécifique dans l’accompagnement des migrants.

Le rôle de la DGIE

La Direction générale des Ivoiriens de l’extérieur assure notamment :

  • l’identification des migrants vulnérables via des auditions en ligne innovantes
  • l’accueil des rapatriés à l’aéroport international Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan
  • leur hébergement temporaire à l’INJS de Marcory
  • la prise en charge médicale et psychologique

Chaque rapatrié bénéficie également d’une aide financière d’environ 160 000 FCFA pour amorcer sa réinsertion.

Le rôle de l’OIM

De son côté, l’Organisation internationale pour les migrations assure :

  • la logistique des vols charters
  • l’évaluation des situations de vulnérabilité
  • la mise en œuvre du programme AVRR (Assisted Voluntary Return and Reintegration) financé par des partenaires internationaux.

Des dispositifs de réinsertion pour éviter la remigration

Au-delà du retour au pays, les autorités ivoiriennes mettent l’accent sur l’insertion socio-économique des rapatriés.

Plusieurs programmes sont mobilisés :

Un profiling des compétences est réalisé afin d’identifier les savoir-faire acquis par les migrants, notamment dans : l’agriculture, le commerce les activités artisanales.

Soutien aux activités génératrices de revenus

Des programmes d’appui, notamment via l’Agence Emploi Jeunes, offrent des formations professionnelles, des microcrédits, un accompagnement entrepreneurial.

Ces initiatives visent environ 250 rapatriés directs et près de 1 500 bénéficiaires communautaires.

Des rapatriements depuis plusieurs pays

Le Niger n’est pas le seul pays concerné par ces opérations de retour.

La Côte d’Ivoire a également organisé des rapatriements depuis :

  • La Tunisie, avec 145 migrants rapatriés en février 2026,
  • La Libye, point majeur des routes migratoires vers l’Europe
  • Le Maroc et l’Algérie dans le cadre d’opérations soutenues par l’Union européenne et l’OIM.

1 834 migrants ivoiriens avaient déjà bénéficié d’une assistance au retour en 2018, marquant le début d’une politique migratoire plus structurée.

Une stratégie migratoire axée sur la dignité et la réinsertion

Pour les autorités ivoiriennes, ces opérations traduisent une volonté de gérer la migration de manière humaine et proactive, tout en luttant contre les réseaux de trafic de migrants.

Dans un contexte où le chômage des jeunes reste un moteur majeur des départs, la stratégie actuelle mise sur l’autonomisation économique et la création d’opportunités locales afin de réduire les tentatives de migration irrégulière.

À mesure que les opérations de retour volontaire se multiplient, la Côte d’Ivoire entend ainsi consolider son modèle de réintégration digne et durable pour ses citoyens de retour au pays.

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