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Politique

Côte d’Ivoire : Deux stratégies économiques, deux héritages contrastés

La gestion économique de la Côte d’Ivoire sous les présidences de Laurent Gbagbo (2000-2011) et Alassane Ouattara (2011-2024) révèle deux approches très différentes en matière de dette et de développement. D’un côté, Laurent Gbagbo a misé sur des allègements de dette pour soulager les finances publiques, tandis qu’Alassane Ouattara a opté pour un endettement accru afin de financer une forte croissance économique et des infrastructures modernes.

Laurent Gbagbo (2000-2011) : Une gestion axée sur la réduction de la dette

En arrivant au pouvoir en 2000, Laurent Gbagbo hérite d’une dette publique de plus de 6 000 milliards FCFA. Son mandat est marqué par des crises politiques et militaires, ce qui freine le développement économique. Toutefois, son gouvernement parvient à négocier plusieurs allègements dans le cadre de l’initiative PPTE (Pays Pauvres Très Endettés), notamment :

  • L’annulation de 268 milliards FCFA par le Club de Londres.
  • Un allègement de 98,4 milliards FCFA accordé par les États-Unis.
  • Une baisse du service de la dette, qui passe de 695 milliards à 200 milliards FCFA par an.

Grâce à ces efforts, la dette chute à 2 000 milliards FCFA en 2011. Cependant, la Côte d’Ivoire reste économiquement fragile, avec un faible niveau d’investissements et une croissance limitée en raison des conflits internes et des sanctions économiques.

Alassane Ouattara (2011-2024) : Une croissance portée par l’endettement et les investissements

Lorsque Alassane Ouattara accède à la présidence en 2011, la dette publique remonte à 6 000 milliards FCFA en raison des impacts de la crise post-électorale. Il adopte alors une stratégie différente, axée sur l’endettement pour financer des investissements stratégiques.

Sous sa présidence, la dette atteint 28 944,7 milliards FCFA en 2024, et devrait dépasser 34 656,7 milliards FCFA en 2025. Malgré cette augmentation, son ratio par rapport au PIB reste à 56 % en 2024, bien en dessous du seuil critique de 70 % fixé par l’UEMOA.

Grâce à ces investissements massifs, la Côte d’Ivoire connaît une forte croissance économique, avec des taux annuels variant entre 6 et 8 % depuis 2012. Le pays a réalisé des progrès considérables en matière d’infrastructures : construction de routes, ponts, hôpitaux, écoles, et développement du secteur énergétique.
Comparaison et bilan des deux stratégies

Laurent Gbagbo a favorisé une gestion prudente en cherchant à réduire la dette grâce aux annulations internationales, mais son mandat a été marqué par une faible croissance et un manque d’investissements en raison des crises successives.

De son côté, Alassane Ouattara a choisi d’augmenter la dette pour financer des projets de grande envergure, ce qui a permis un essor économique impressionnant, bien que cela implique un endettement croissant.

Si la stratégie de Ouattara a permis une transformation économique rapide, la question de la soutenabilité de cette dette à long terme reste un enjeu majeur pour les années à venir. La prochaine décennie sera décisive pour déterminer si ces investissements ont réellement porté leurs fruits sans compromettre la stabilité financière du pays.

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