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Politique

Côte d’Ivoire : et si l’opposition ne faisait pas le poids face au pouvoir en place ?

À quelques semaines de l’élection présidentielle prévue pour le 25 octobre 2025, la scène politique ivoirienne semble rejouer une partition connue : un pouvoir solidement installé face à une opposition encore en quête de cohérence. Alors que les partis d’opposition tentent d’unir leurs forces pour peser dans le débat électoral, le Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP), lui, avance en ordre de bataille, fort de son bilan et de son maillage national.

Un pouvoir en pleine maîtrise de son appareil politique

Le RHDP a levé toute ambiguïté : son candidat pour 2025 etant le président sortant Alassane Ouattara, officiellement investi lors du 2ᵉ congrès du parti, tenu à Abidjan les 21 et 22 juin 2025. Ce choix, adopté à l’unanimité par les délégués, consacre la stratégie d’un parti qui mise sur la continuité et la stabilité. Les cadres du RHDP présentent le bilan d’Alassane Ouattara comme un argument majeur : croissance économique soutenue, projets d’infrastructures dans plusieurs régions, amélioration du système de santé et réformes éducatives. Au-delà du discours, la machine du RHDP reste redoutable. Présente sur tout le territoire, elle s’appuie sur une base militante fidèle, des relais solides dans les institutions, l’administration et les médias. Le parti au pouvoir dispose également d’importantes ressources financières et logistiques, lui permettant d’engager une campagne structurée et méthodique.

Une opposition en ordre dispersé

En face, l’opposition peine encore à parler d’une seule voix. Si plusieurs formations ont tenté de se regrouper, à l’image de la coalition CAP-Côte d’Ivoire (Coalition pour l’Alternance Pacifique), qui rassemble 25 partis politiques, cette dynamique peine à convaincre sans le soutien des grandes figures historiques comme Laurent Gbagbo ou Tidjane Thiam, dont les candidatures demeurent contestées ou incertaines.

Le PPA-CI, parti de Laurent Gbagbo, poursuit sa mobilisation, mais reste isolé. Les divergences stratégiques entre les différentes formations freinent la mise en place d’un front uni. Dans un contexte où la Commission électorale indépendante (CEI) est régulièrement accusée de manquer d’impartialité, cette dispersion fragilise encore davantage les chances d’un véritable contrepoids politique.

Certains leaders dénoncent aussi une forme d’asymétrie institutionnelle : radiations sur les listes électorales, restrictions d’accès à certains médias, ou encore arrestations de cadres de l’opposition. Autant de signaux qui nourrissent une méfiance généralisée envers le processus électoral.

Un rapport de force déséquilibré

Le constat est clair : le RHDP avance avec une organisation de parti d’État, là où l’opposition tente encore de reconstruire son socle et son discours.
Le camp présidentiel, fort de ses réseaux et de son expérience du pouvoir, capitalise sur une stabilité institutionnelle qui lui donne une longueur d’avance.Pour l’opposition, le défi est double : recréer la confiance du public et incarner une alternative crédible dans un climat politique souvent polarisé. Sans leadership fort, ni stratégie commune, il lui sera difficile de rivaliser avec la structure du pouvoir en place.

Une élection déjà jouée d’avance ?

Pas forcément. En politique ivoirienne, les rapports de force peuvent évoluer rapidement. Les prochaines semaines seront décisives pour mesurer la capacité des partis d’opposition à se rassembler et à mobiliser une base électorale qui aspire à plus de transparence et d’équité.

Mais pour l’heure, le pouvoir apparaît serein, confiant et discipliné.
Face à une opposition encore hésitante, le RHDP et Alassane Ouattara partent avec une longueur d’avance. Reste à savoir si le jeu démocratique permettra un réel équilibre des forces ou si 2025 confirmera la suprématie d’un appareil politique devenu, au fil des ans, une véritable institution d’État.

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