L’actrice de renom Bienvenue Koffi, figure emblématique du petit écran ivoirien, a brisé le silence dans une sortie médiatique puissante. Entre cachets dérisoires, précarité extrême et indifférence des autorités, elle dépeint un quotidien loin des strass et des paillettes. « On souffre », lâche-t-elle, mettant à nu un système qui broie ses propres icônes.
La « Star » à 20 000 FCFA : Une réalité brutale
C’est un témoignage qui fait l’effet d’une bombe dans le milieu culturel. Bienvenue Koffi, que les Ivoiriens ont appris à aimer notamment dans la série culte Faut pas fâcher, a décidé de lever le voile sur les conditions de rémunération à la RTI et chez les producteurs locaux.
« À l’époque, j’étais payée à 20 000 FCFA par épisode. Maman Adrienne Koutouan touchait 35 000 FCFA. Dans ces montants, tu dois t’habiller, te maquiller, payer le transport et ton loyer », révèle-t-elle.
Une précarité qui confine à l’absurde : comment des visages connus dans toute l’Afrique peuvent-ils se retrouver à se bagarrer pour un taxi avec leurs propres fans à la sortie d’un spectacle ?

Le procès des producteurs et du public
L’actrice pointe du doigt un système de production qu’elle juge injuste. Selon elle, les producteurs s’enrichissent, roulent dans de belles voitures et vivent dans l’opulence, tandis que les acteurs, véritables moteurs du succès des films, croulent sous les dettes.
Elle dénonce également le mécanisme des cachets fractionnés : recevoir un million de FCFA étalé sur trois mois de tournage ne permet aucune épargne, aucun investissement, et encore moins une couverture santé. Mais le coup de gueule de Bienvenue Koffi ne s’arrête pas aux professionnels. Elle fustige l’hypocrisie d’une partie du public et des internautes : « Payer 5 000 FCFA pour un spectacle devient un problème. » , « Quand la mort frappe, vous êtes les premiers à remplir les réseaux sociaux de RIP »

L’humiliation des « SOS » à répétition
Évoquant les cas récents de Fortuné, Zoumana ou Guéi Vert, l’actrice exprime sa honte de voir des icônes nationales obligées de mendier leur survie sur Facebook. Pour elle, c’est le signe d’un échec collectif : celui d’un pays qui ne sait pas protéger ses ambassadeurs culturels.
Un appel à la dignité
« Moi, Bienvenue, je refuse ça », conclut-elle avec force. Son message est un appel urgent à l’État ivoirien, au Ministère de la Culture et aux diffuseurs pour une révision profonde des barèmes de rémunération et la mise en place d’un véritable statut de l’artiste. Le cinéma ivoirien rayonne à l’international, mais ses acteurs, eux, s’éteignent dans l’ombre de la pauvreté. Le cri de Bienvenue Koffi sera-t-il enfin entendu ?































