Le président de la Commission électorale indépendante (CEI), Ibrahime Coulibaly-Kuibiert, a surpris plus d’un ce jeudi 30 octobre 2025, en évoquant la possibilité d’une dissolution de l’institution qu’il dirige depuis 2019. Une déclaration forte, faite lors d’une rencontre d’information à Abidjan avec les candidats potentiels aux élections législatives prévues avant la fin de l’année.
Pour le président de la CEI, la stabilité politique et la paix durable en Côte d’Ivoire passent désormais par une refonte complète du système électoral.
« Mon avis est que la Commission électorale indépendante ne doit même plus exister. Après ces élections, il faut voir autre chose. Pour préserver la paix en Côte d’Ivoire, il faut un autre format », a-t-il déclaré, suscitant de vives réactions dans l’assistance.
Cette sortie inattendue fait suite à une remarque d’un candidat indépendant, déplorant l’absence de représentants des indépendants au sein de la CEI. En réponse, Coulibaly-Kuibiert a défendu l’idée d’un nouveau modèle électoral, qui ne serait plus basé sur la représentation des partis politiques ou d’entités sociales, mais sur une structure neutre et totalement indépendante.
Un débat relancé sur la réforme électorale
Créée pour garantir la transparence des scrutins, la CEI est régulièrement critiquée par l’opposition et la société civile, qui dénoncent une composition jugée favorable au pouvoir en place.
La déclaration du président Coulibaly-Kuibiert intervient alors que le mandat actuel de la CEI, entamé en 2019, arrive à son terme après le cycle électoral de 2025.
Cette prise de position relance donc le débat sur la refonte du système électoral ivoirien, un enjeu majeur pour la consolidation de la démocratie et la prévention des tensions postélectorales.
Et après ?
Aucune décision officielle n’a encore été annoncée par le gouvernement, mais des consultations nationales sur la réforme des institutions électorales pourraient être ouvertes après les législatives, selon des sources proches du ministère de l’Intérieur.
Pour de nombreux observateurs, une telle réforme serait une étape cruciale vers une CEI plus consensuelle et crédible, capable de restaurer la confiance entre les acteurs politiques et les citoyens, dans un pays où chaque scrutin demeure un test pour la paix sociale.































