« Ne faites plus confiance à personne, même pas à vos proches ! » Marcellin Dougba, Directeur de la PLCC
En Côte d’Ivoire, Internet est en train de devenir un terrain miné. En 2024, plus de 12 000 plaintes liées à la cybercriminalité ont été enregistrées par la Plateforme de Lutte Contre la Cybercriminalité (PLCC). Un chiffre vertigineux, qui révèle l’ampleur du fléau… et l’impuissance des internautes.
Entre arnaques sentimentales, piratages, escroqueries, usurpation d’identité et fake news, les cybercriminels semblent toujours avoir une longueur d’avance. Pour Marcellin Dougba, patron de la PLCC, il faut désormais se méfier de tout et de tous, y compris des gens « en qui vous avez confiance ». De quoi faire froid dans le dos.
La PLCC peut s’autosaisir : une surveillance à double tranchant ?
Autre révélation choc : la PLCC n’attend pas toujours une plainte. Elle peut s’autosaisir de n’importe quel fait jugé « sensible ». En clair, même sans dénonciation, vos activités en ligne peuvent attirer l’attention des autorités. Une mesure défendue comme nécessaire… mais qui pourrait aussi inquiéter ceux qui dénoncent une surveillance de plus en plus intrusive.
Et les résultats ?
Face à la flambée des plaintes, une question s’impose : combien d’affaires sont réellement résolues ? Silence du côté de la PLCC : « On ne peut pas quantifier », dit Dougba. Ce flou alimente le scepticisme de certains citoyens, qui peinent à croire à l’efficacité de la structure malgré ses efforts de sensibilisation.
Fake news, réseaux sociaux, paranoïa généralisée ?
Le ton est clair : la cybercriminalité, ce n’est plus un fantasme. Mais cette nouvelle vigilance généralisée crée aussi une atmosphère de paranoïa numérique.Qui surveille qui ? Jusqu’où ira la lutte contre les fake news ? Et si vos publications devenaient des preuves contre vous ?
« Avoir une bonne hygiène de vie numérique » : voilà le nouveau mot d’ordre.
Réseaux sociaux, attention : ce que vous publiez peut vous coûter très cher
Arnaques, propos diffamatoires, vidéos compromettantes… tout est désormais piste d’enquête. Un simple post mal interprété peut entraîner une interpellation. Et dans un contexte politique tendu, certains voient déjà dans ces mesures un outil de censure déguisée.
En résumé :
- 12 000 plaintes en 2024 : un record.
- La PLCC peut vous surveiller sans dépôt de plainte.
- Aucun chiffre officiel sur les affaires résolues.
- Vos proches peuvent aussi vous piéger en ligne.
- Fake news : une priorité nationale, mais à quel prix ?
Internet est-il encore un espace de liberté en Côte d’Ivoire ?
À chacun de se poser la question… avant le prochain clic.































