Demande d’asile en France en 2024 : la Guinée en tête, la Côte d’Ivoire sur le podium
Avec 11 336 demandes enregistrées en 2024, la Guinée devient la première nationalité africaine à solliciter l’asile en France, selon le rapport annuel publié par l’Office français de protection des réfugiés et des apatrides (Ofpra). Une progression spectaculaire de près de 50 % en un an, dans un contexte pourtant exempt de conflit armé.
Un exil politique nourri par la répression
Cette forte augmentation s’explique par un climat politique de plus en plus tendu. Depuis le coup d’État militaire du 5 septembre 2021, le général Mamadi Doumbouya est à la tête du pays. Le pouvoir militaire est accusé de réprimer l’opposition et d’étouffer la société civile, notamment les sympathisants de l’UFDG (Union des forces démocratiques de Guinée) et les militants du FNDC (Front national pour la défense de la Constitution), régulièrement visés par des arrestations et violences.
« Les demandeurs d’asile guinéens se réfèrent désormais au blocus politique et démocratique exercé par la junte », souligne le rapport de l’Ofpra.
Des femmes guinéennes de plus en plus nombreuses
Autre fait marquant : la hausse importante de demandes déposées par des femmes guinéennes. Nombre d’entre elles fuient des violences sexuelles ou des mariages forcés, devenant ainsi une part croissante des profils enregistrés.
La Côte d’Ivoire, troisième pays demandeur en Afrique
Derrière la Guinée, la République démocratique du Congo (10 331 demandes) et la Côte d’Ivoire (9 782) complètent le podium africain. Fait notable : la Côte d’Ivoire dépasse des pays confrontés à des conflits ouverts comme le Soudan (5 213 demandes) ou à de graves instabilités comme le Nigeria (2 850).
Une pression globale sur le système d’asile
Avec 153 715 demandes déposées en 2024, tous pays confondus, la France enregistre un record historique, en hausse de 7,8 % par rapport à 2023. La Guinée se classe désormais troisième nationalité demandeuse d’asile, tous continents confondus, derrière l’Afghanistan et l’Ukraine, mais devant Haïti, pourtant plongée dans une crise sécuritaire aiguë.































