Invité sur le plateau de l’émission « THE CODE« , le Pasteur Patrice Avy, docteur en théologie et leader de l’église « Grâce Grâce« , a livré un témoignage qui secoue le paysage ecclésiastique ivoirien. il brise les tabous sur la marchandisation de la foi.
Le miracle n’est pas une preuve de sainteté
Dès l’entame de l’entretien, le Pasteur Avy met en garde les fidèles : voir un miracle ne signifie pas que l’on est en face d’un homme de Dieu. « Le diable aussi fait des miracles », martèle-t-il, citant les écritures pour rappeler que même les faux prophètes peuvent accomplir des signes prodigieux . Pour lui, le seul véritable curseur est la conformité du message avec la Parole de Christ.
La fin des « délivrances spectaculaires » et des « maris de nuit »
Interrogé sur les scènes de transes et de délivrances qui inondent les réseaux sociaux, le pasteur est catégorique : il s’agit souvent de mises en scène ou de manipulations psychologiques jouant sur l’émotion des foules .
Il affirme sans détour que des termes comme « maris de nuit » sont des inventions humaines destinées à effrayer et fidéliser les membres par la peur .
Il condamne fermement les pratiques consistant à « brûler Satan » ou à « couper des têtes » spirituelles, estimant que ceux qui passent leur temps à appeler à la mort de leurs ennemis sont des « collaborateurs de Satan » plutôt que des disciples de Christ, dont le message est l’amour .
« Dieu ne commercialise pas sa grâce »
L’un des points les plus polémiques de l’interview concerne l’argent. Le Pasteur Avy dénonce avec force la pratique de la « semence » ou de l’offrande exigée en échange d’une bénédiction ou d’une guérison.
« Nous sommes tellement pauvres qu’on ne peut rien acheter avec Dieu, et Dieu est tellement riche qu’il ne peut rien nous vendre. »
Selon lui, la dîme ne doit pas être une obligation légaliste pour « bloquer le dévoreur« , mais un acte de reconnaissance libre. Il déplore que certaines églises soient devenues des entreprises cherchant à faire du chiffre d’affaires sur le dos de fidèles déjà précarisés .
Jésus est-il Dieu ? Une réponse sans ambiguïté
Face aux débats interreligieux, le Pasteur Avy réaffirme la divinité de Jésus-Christ. Il rejette la vision de Jésus comme simple prophète, le définissant comme « le Dieu manifesté en chair ». Il critique au passage ce qu’il appelle le « sophisme » de certains contradicteurs qui utilisent la Bible pour prouver l’humanité de Jésus tout en la qualifiant de « trafiquée » dès qu’on évoque sa divinité.
Un appel à l’autonomie des fidèles
Le message final du Pasteur Avy est un appel à l’intelligence et à la lecture personnelle de la Bible. Pour lui, la manipulation ne prospère que sur l’ignorance. Il encourage chaque chrétien à ne plus dépendre de la « prophétie » d’un homme pour diriger sa vie, mais à se laisser conduire par l’Esprit et la connaissance des textes .
« On ne peut pas identifier un serviteur de Dieu parce qu’il a fait un miracle, mais seulement si ce qu’il dit est conforme à Sa Parole. » Une mise au point nécessaire dans un contexte où le « buzz » spirituel semble parfois primer sur la foi.































