Icône incontestée du Coupé-Décalé avec plus de 20 ans de carrière, DJ Léo s’est livré à cœur ouvert lors d’un entretien accordé a l’emission Show Chaud. De la galère dans les rues d’Abidjan au succès fulgurants, l’artiste a partagé un message fort de sensibilisation à l’endroit de la jeunesse : l’importance de l’instruction, même pour celui qui possède un talent brut.
Un destin forgé dans la rue
Natif de Grand-Bassam, Yugoné Bigouré Léopold, plus connu sous le nom de DJ Léo, n’a pas toujours connu les projecteurs. Avant d’être le « Cadeau du ciel », il fut un jeune passionné de danse au sein de la compagnie Mulato. Contre l’avis de ses parents, il quitte le cocon familial pour Abidjan avec seulement 7 500 FCFA en poche.
« J’ai dormi dehors. J’ai connu la faim et l’insécurité », confie-t-il avec émotion . Cette période de précarité extrême, où « l’eau n’était pas son amie » faute de pouvoir se laver, a forgé le caractère de l’homme, mais lui a aussi laissé des cicatrices invisibles.
Le revers de la médaille : Le regret des bancs
Malgré une réussite matérielle indéniable il fut l’un des premiers de sa génération à construire une maison pour ses parents à Bassam DJ Léo porte un fardeau : l’arrêt précoce de ses études en classe de 4ème.
Aujourd’hui, face aux réalités de l’industrie musicale internationale, le manque d’instruction se fait sentir. « Aujourd’hui, dans les contrats, il y a des clauses que tu ne comprends pas. Tu ne parles pas anglais, tu dois tout apprendre sur le tas », explique-t-il . Son message aux jeunes est sans ambiguïté : « On peut suivre sa passion, mais l’école aide à ne pas se faire trahir. Elle donne les outils pour gérer son succès. »
20 ans de règne et un regard tourné vers l’avenir
Celui que l’on surnomme le « James Bond » du Coupé-Décalé a traversé les époques, de l’ère du Youssoumba aux grands boucans de la Rue Princesse. S’il a su maintenir sa place dans le cœur des mélomanes, c’est grâce à une authenticité rare. Qu’il chante la reconnaissance avec « Héritier » ou qu’il crée la polémique avec « Donne-lui l’argent », DJ Léo reste un observateur de la société ivoirienne.
Alors qu’il prépare son grand concert live le 25 avril prochain, l’artiste ne cherche plus seulement à faire danser. Il aspire désormais à être un modèle de persévérance et de sagesse pour « ses dogs » de la rue, leur rappelant qu’un jour, « l’hameçon finira par attraper le poisson » .































