Alors que mars 2026 s’ouvre sur une escalade sans précédent, le Liban se retrouve une fois de plus dans une position tragiquement paradoxale : un pays qui ne veut pas la guerre, mais qui la subit de plein fouet. Entre les tirs de missiles du Hezbollah et l’offensive terrestre israélienne, c’est toute une nation qui frôle la déliquescence.
Un État spectateur de son propre destin
La réalité sur le terrain est celle d’un État libanais largement impuissant. Si le gouvernement officiel n’a pas déclaré la guerre, le territoire, lui, est devenu le théâtre d’un affrontement direct entre l’armée israélienne (Tsahal) et le Hezbollah.

Depuis le 2 mars, l’incursion israélienne dans le Sud a transformé des dizaines de villages en « zones tampons« , forçant un exode massif vers le Nord. Les décisions de guerre et de paix semblent se prendre ailleurs, entre Beyrouth-Sud et Tel-Aviv, laissant les institutions nationales gérer une crise humanitaire qu’elles n’ont pas les moyens de financer.
Un bilan humain qui s’alourdit d’heure en heure
Les chiffres rapportés ces derniers jours témoignent de la violence des combats :
| Données clés (Mars 2026) | État des lieux |
| Déplacés internes | Plus de 517 000 personnes sur les routes. |
| Bilan humain | Près de 400 morts signalés en quelques jours, dont 100 martyrs pour la seule journée du 8 mars. |
| Destructions | Environ 16 % du parc immobilier libanais est endommagé ou détruit. |
L’enfer au quotidien : Banlieue Sud, Sud et Békaa
Le pilonnage ne se limite plus à la frontière. La banlieue sud de Beyrouth (Dahieh) et la plaine de la Békaa sont régulièrement secouées par des frappes intensives, visant des infrastructures logistiques mais impactant inévitablement les civils.
Des écoles saturées, des familles dormant dans des voitures ou sur les trottoirs de Beyrouth-Centre. L’angoisse est d’autant plus vive que les corridors humanitaires restent précaires.

Les hôpitaux, déjà affaiblis par des années de crise économique, tentent de traiter des centaines de blessés sous la menace constante de nouvelles frappes à proximité.
« L’État libanais ne décide pas, on décide pour lui. Nous sommes les victimes éternelles d’un engrenage qui nous dépasse. » Sentiment partagé par de nombreux civils fuyant les zones de combats.































