Contexte et faits
Le mercredi 5 mars 2025, la police ivoirienne a procédé à l’arrestation de 33 enseignants, dont trois femmes, alors qu’ils tenaient une assemblée générale dans l’enceinte de la cathédrale d’Abidjan. Ce rassemblement avait pour objectif de discuter de leur prime trimestrielle, sujet de tensions récurrentes entre le corps enseignant et les autorités.
L’intervention des forces de l’ordre a été justifiée par la présence d’une foule jugée trop importante, ainsi que par le fait que le curé de la cathédrale aurait affirmé ne pas avoir été informé du rassemblement. Cette situation survient alors que les syndicats envisageaient de nouveaux mots d’ordre de grève, après une mobilisation déjà observée en octobre 2024.
Les enseignants interpellés ont été libérés le même jour. Lors d’une conférence de presse tenue après l’incident, ils ont déclaré leur intention d’aller jusqu’au bout de leur combat, adoptant le slogan « À la PRIME ! » pour symboliser leur détermination.
Origines de la mobilisation
Plusieurs facteurs expliquent cette montée de tensions dans le secteur de l’éducation :
- Retards dans le paiement des primes : Les enseignants dénoncent depuis plusieurs mois des retards récurrents dans le versement de leurs primes trimestrielles. Cette situation met en difficulté bon nombre d’entre eux, affectant leur pouvoir d’achat et leurs conditions de travail.
- Précédents mouvements de grève :
En octobre 2024, un mouvement de grève avait été observé dans plusieurs établissements scolaires du pays. Les revendications portaient déjà sur le paiement des primes, l’amélioration des conditions de travail et une revalorisation salariale.
- Absence de dialogue constructif : Les syndicats enseignants se plaignent d’un manque de considération de la part du gouvernement. Les négociations engagées jusqu’ici n’ont pas abouti à des solutions satisfaisantes, ce qui a renforcé la frustration du corps enseignant.
- Durcissement des autorités : La réaction rapide des forces de l’ordre à la cathédrale d’Abidjan s’inscrit dans un contexte de fermeté vis-à-vis des mouvements sociaux. Le gouvernement cherche à éviter toute propagation des tensions, notamment à l’approche des examens scolaires.
Réactions et perspectives
- Côté syndical : Les syndicats dénoncent une atteinte à la liberté de réunion et exigent la libération immédiate de leurs collègues. Ils menacent de durcir leur mouvement si aucune solution n’est trouvée. Leur slogan « À la PRIME ! » résume leur détermination à obtenir gain de cause.
- Côté gouvernemental : Le ministère de l’Éducation affirme suivre la situation de près et promet un dialogue avec les partenaires sociaux. Cependant, aucune annonce concrète n’a été faite quant au paiement des primes.
- Société civile : Certains acteurs de la société civile appellent à la désamorcisation de la crise et plaident pour une concertation entre les différents acteurs impliqués.
Cette nouvelle crise dans le secteur de l’éducation met en lumière les difficultés persistantes rencontrées par les enseignants en Côte d’Ivoire. Si aucun compromis n’est trouvé rapidement, la situation pourrait dégénérer et impacter le bon déroulement de l’année scolaire. Le gouvernement et les syndicats devront trouver un terrain d’entente pour éviter une escalade du conflit.































