À quelques semaines du coup d’envoi de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 organisée au Maroc, le climat autour de la compétition se tend sur les réseaux sociaux.
Ces derniers jours, plusieurs échanges virulents entre internautes marocains et ivoiriens ont relancé un débat sensible : la question du racisme, de l’hypocrisie identitaire et de l’accueil des Africains subsahariens lors de la CAN.
Tout commence par une série d’incidents à forte charge émotionnelle et symbolique.
Le clip de Yodé & Siro
La publication du clip impliquant Yodé & Siro, en collaboration avec Mouhsine Jdidi et Kkeda, comportant des scènes jugées provocatrices, a suscité de vives réactions au Maroc. Certaines critiques culturelles ont rapidement laissé place à des propos méprisants et racialisés, visant non seulement l’œuvre, mais plus largement les artistes ivoiriens et l’Afrique subsaharienne.
Ensuite, une influenceuse ivoirienne s’exprimant sur le climat marocain durant la CAN évoquant le froid et appelant les supporters à se préparer en conséquence a déclenché une vague d’attaques. Un simple conseil pratique s’est transformé en affront perçu, révélant une sensibilité exacerbée et un rejet disproportionné.
Enfin, des propos de Nicolas Pépé, sortis de leur contexte initial et prononcés dans un cadre bon enfant, ont été instrumentalisés.
Résultat : les comptes du joueur ont été envahis par des milliers de messages, dont un nombre significatif de nature clairement raciste. C’est cet épisode qui a cristallisé les tensions et donné une nouvelle dimension au malaise.
pour ne citez que ces cas là
Ce qui choque le plus de nombreux observateurs, c’est le contraste entre Un discours officiel et médiatique qui insiste sur l’unité africaine « nous sommes tous Africains », « frères du continent », et certaines réactions en ligne marquées par le mépris racial, les stéréotypes et l’exclusion.
Cette contradiction nourrit l’accusation d’hypocrisie : se revendiquer africain quand il s’agit d’image, de diplomatie , mais rejeter violemment une partie du continent quand cela touche a leurs » dignités »
Il est essentiel de rappeler que le Maroc n’est pas monolithique. De nombreux Marocains dénoncent eux-mêmes ces dérives, appellent au respect et rejettent fermement le racisme. Cependant, la minorité bruyante sur les réseaux donne une visibilité disproportionnée à ces comportements.
Quel accueil sera réservé aux supporters subsahariens sur le sol marocain ?
Le fair-play prôné par les instances sportives sera-t-il respecté jusqu’au bout ? Les tensions observées en ligne resteront-elles cantonnées au virtuel ? Ou risquent-elles de se traduire par des comportements discriminatoires dans les stades, les villes hôtes, les espaces publics ?
Le Maroc joue ici bien plus qu’un tournoi sportif. Il joue son image continentale et internationale.
Pour l’heure, rien n’indique que ces dérapages numériques se transformeront en incidents physiques. Mais l’histoire du sport a montré que les discours en ligne ne sont jamais totalement sans conséquence.































